<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0" xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"><channel><title><![CDATA[Les aventures de Cap'tain Philip]]></title><description><![CDATA["Dès que quelqu'un comprend qu'il est contraire à sa dignité d'homme d'obéir à des lois injustes, aucune tyrannie ne peut l'asservir." Gandhi]]></description><link>https://captainphilip.fr/</link><image><url>https://captainphilip.fr/favicon.png</url><title>Les aventures de Cap&apos;tain Philip</title><link>https://captainphilip.fr/</link></image><generator>Ghost 3.42</generator><lastBuildDate>Sat, 18 Apr 2026 01:38:05 GMT</lastBuildDate><atom:link href="https://captainphilip.fr/rss/" rel="self" type="application/rss+xml"/><ttl>60</ttl><item><title><![CDATA[l'étrange histoire de Gaboutou (roman)]]></title><description><![CDATA[<figure class="kg-card kg-image-card"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2025/07/GABOUTOU---V4.jpg" class="kg-image" alt srcset="https://captainphilip.fr/content/images/size/w600/2025/07/GABOUTOU---V4.jpg 600w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w1000/2025/07/GABOUTOU---V4.jpg 1000w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w1600/2025/07/GABOUTOU---V4.jpg 1600w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w2400/2025/07/GABOUTOU---V4.jpg 2400w" sizes="(min-width: 720px) 720px"></figure><p>Texte de Cap'tain Philip &amp; Bruno Combes / couverture, illustrations et mise en page de Maryline Foucaut /  sortie en juillet 2025 aux éditions Traboule distribuées par BoD  (200 pages)</p><h3 id="pour-commander-sur-amazon-cliquer-le-lien-ci-dessous-">pour commander sur amazon cliquer le lien ci-dessous :</h3><p> <a href="https://www.amazon.fr/L%C3%A9trange-voyage-Gaboutou-Captain-Philip/dp/2958386988">Amazon.fr - L'étrange voyage de Gaboutou - Philip, Cap'tain - Livres</a></p><h3 id="pour-commander-la-librairie-bod-">pour commander</h3>]]></description><link>https://captainphilip.fr/letrange-histoire-de-gaboutou-roman/</link><guid isPermaLink="false">686ecab20690649e5e92d84e</guid><category><![CDATA[Traboule]]></category><dc:creator><![CDATA[Philip ELLE]]></dc:creator><pubDate>Wed, 09 Jul 2025 20:03:18 GMT</pubDate><media:content url="https://captainphilip.fr/content/images/2025/07/4b.png" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<figure class="kg-card kg-image-card"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2025/07/GABOUTOU---V4.jpg" class="kg-image" alt="l'étrange histoire de Gaboutou (roman)" srcset="https://captainphilip.fr/content/images/size/w600/2025/07/GABOUTOU---V4.jpg 600w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w1000/2025/07/GABOUTOU---V4.jpg 1000w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w1600/2025/07/GABOUTOU---V4.jpg 1600w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w2400/2025/07/GABOUTOU---V4.jpg 2400w" sizes="(min-width: 720px) 720px"></figure><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2025/07/4b.png" alt="l'étrange histoire de Gaboutou (roman)"><p>Texte de Cap'tain Philip &amp; Bruno Combes / couverture, illustrations et mise en page de Maryline Foucaut /  sortie en juillet 2025 aux éditions Traboule distribuées par BoD  (200 pages)</p><h3 id="pour-commander-sur-amazon-cliquer-le-lien-ci-dessous-">pour commander sur amazon cliquer le lien ci-dessous :</h3><p> <a href="https://www.amazon.fr/L%C3%A9trange-voyage-Gaboutou-Captain-Philip/dp/2958386988">Amazon.fr - L'étrange voyage de Gaboutou - Philip, Cap'tain - Livres</a></p><h3 id="pour-commander-la-librairie-bod-">pour commander à la librairie BoD :</h3><p> cliquer le bandeau orange ci-dessous :</p><!--kg-card-begin: html--><!-- ### Begin BoD ShopWidget -->
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Ce faisant, il est tombé amoureux d’une étudiante russe qu’il côtoyait sur le campus.</p><p>Son diplôme en poche, Gaboutou rentre travailler à N’Djamenah, la capitale du Tchad, bientôt déstabilisée par la lutte armée ; Il redevient simple paysan dans son village natal.</p><p>Un jour il se met en tête de retrouver son amour de jeunesse. Commence alors un éprouvant périple à travers le Sahara,  la Tunisie, la côte d’Azur, l’Autriche et Budapest, terme de ce parcours mouvementé et aube d’un voyage plus aventureux encore dans un espace parallèle.</p><p>                                                                **************</p><p><strong>LIRE LES PREMIERES PAGES  :</strong></p><p><em>Aéroport de Budapest , 23 décembre 1985</em><br>Je ne suis pas le seul héros de ce récit, mais je le traverse de part en part et, puisqu’il faut bien commencer quelque part, j’ai décidé de me présenter succinctement. Je n’ai encore que 27 ans et l’on m’a prénommé Gaboutou. Comme mon oncle Albert, je suis de bonne taille, un peu plus de six pieds, plutôt costaud sans être épais, réservé sans être timide, souriant et aimable sans être perpétuellement hilare ou maladivement obséquieux... Vous n’avez guère besoin d’en savoir plus pour l’instant ; venons-en plutôt au fait...<br>D’aucuns auraient parlé de coup de foudre... Seraient entrés dans le coeur de cette histoire par des mots aussi définitifs que : « je suis tombé amoureux fou dans l’instant », « ma vie a basculé en une fraction de seconde », etc. À vrai dire, les circonstances ne s’y prêtaient pas franchement...<br>Non, je préfère commencer par cet instant de fascination inattendu... beaucoup plus qu’inattendu, vous allez voir ! Fascination devant l’apparition déconcertante de ton visage penché sur moi dans une cellule du poste de police de l’aéroport de Budapest, il y a quelques jours seulement... Ton visage que j’avais croisé des dizaines de fois au foyer des étudiants de l’université de Dresde, à sa cantine ou dans sa bibliothèque. Un visage dont j’avais de fait été amoureux de longs mois, sans que ce sentiment ne débouche sur rien d’autre que quelques mots prononcés maladroitement de ma part à l’occasion, et autant de sourires indulgents et désolés de la tienne. Mais tout ça, ou plutôt si peu, s’était passé quelques années plus tôt, à la fin des années 70...<br>Pourtant, subitement, ton visage était là, à quelques centimètres du mien. Ton front était en partie couvert par une coiffe d’infirmière de la croix rouge et tu t’activais pour tenter de me ranimer, car je venais d’être victime d’un accident cardio-vasculaire dans les locaux de rétention austères de ce poste de contrôle de la police des frontières hongroise.<br>C’est arrivé à la fin du mois dernier, quelques jours avant Noël, assez tard dans la soirée. J’étais descendu d’un vol Aeroflot en provenance de l’aéroport de Berlin-Est vers dix heures du matin et les policiers hongrois m’avaient interrogé huit heures durant sur une circonstance qui semblait leur paraître hautement suspecte, avant de me jeter dans une cellule de dégrisement disponible jusqu’au matin. Mais le matin n’est jamais arrivé... Je suis sûr que, faute d’être parfaitement lucide, j’étais encore tout à fait vivant lorsque j’ai découvert ton visage inquiet penché vers moi à quelques centimètres de la chape de béton sur laquelle j’étais étendu... J’ai d’abord reconnu ma petite croix de baptême que j’avais accrochée à ton cou quatre ans plus tôt, et, dans la foulée, ta voix suave et posée, sans bien comprendre ce que tu me demandais. J’ai senti ta main douce effleurer mon front, puis... plus rien...<br>Enfin m’est revenu tout ce qu’il me reste à vous raconter d’où je suis maintenant... J’étais assis sur un mauvais tabouret et j’observais les efforts que tu déployais auprès d’un corps inerte qui avait bel et bien l’air d’avoir été le mien...</p><p>                                                                  ****</p><p><em>Train Budapest/Graz , 2 janvier 1986</em><br>Moins de dix jours se sont donc écoulés depuis cette nuit improbable où tu as si étrangement resurgi dans ma vie, ou plutôt à l’entrée de ce tunnel étroit vers l’au-delà ; un tunnel que ceux qui l’ont emprunté à contresens décrivent inondé d’une lumière blanche et éblouissante. Pour ma part, je n’y ai vu que ta propre lumière, éblouissante, de fait, comme elle l’a toujours été pour moi.<br>On est au tout début du mois de janvier 1986 dans un train qui roule sur une des dernières lignes d’Europe parcourues par des locomotives à vapeur. Pourtant, cette histoire, vous l’avez déjà compris, commence il y a bien plus longtemps ; bien longtemps, même, avant cette époque où les hasards des jours nous faisaient nous croiser régulièrement sur le campus de l’université de Dresde. Cette histoire commence une vingtaine d’années plus tôt dans le village de Sara Kenga, où j’ai grandi, au coeur des montagnes du Guéra.</p><p>                                                         *****************</p><!--kg-card-begin: html--><!-- ### Begin BoD ShopWidget -->
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Gilou, l’entraineur de l’équipe de rugby locale qui accompagnait plusieurs de ses joueurs pour la soirée se trouve impliqué dans l’enquête.</p><p>Tout en racontant comment il a lui-même vécu cette soirée, les évènements tragiques de la nuit et des jours suivants, puis les suites judiciaires de l’affaire, il relate les grappes de souvenirs que ce traumatisme fait surgir de sa mémoire jour après jour.</p><p>******</p><p><strong>LIRE LES PREMIERES PAGES :</strong></p><p><strong><em>GILOU / 8 juillet 2018</em></strong></p><p>J'écris ces premiers mots depuis une terrasse de café ensoleillée. Les tables s'avancent sans vergogne jusqu'au milieu de la chaussée ; on est dans la zone piétonne d'une petite ville de la Côte d'Azur. Très exactement au croisement de l'avenue de France et de l'avenue Gambetta.</p><p>C’est la fin du printemps. Il est cinq heures de l'après-midi, mais le soleil est encore haut dans le ciel. À mon sens, c'est l'heure idéale pour descendre à la plage. La plus proche est la plage des Pesquiers, derrière l’hippodrome, dite aussi "plage Bona" en référence au premier hôtel qui s'y est adossé à la fin des années 50. C'est l'histoire d'une dizaine de minutes en voiture, ou en moto en ce qui me concerne, car cette petite ville où je me suis installé à 25 ans n'est pas à proprement parler au bord de la mer.</p><p>C'est probablement ce que j'aurais fait un autre jour, mais je suis sorti du bureau du juge d’instruction il y a moins d'une heure et j'ai ressenti le besoin de coucher sur le calepin que je viens d'acheter à la librairie voisine où travaille mon amie Pascale ce que je sais de cette histoire qui risque de faire couler pas mal d'encre.</p><p>Peut-être même autant que celle qui a commencé, il y a dix ans devant la mairie, à cinquante mètres de cette terrasse, lorsque la députée-maire a été abattue de plusieurs balles de 9 mm, alors qu'elle montait dans sa voiture...</p><p>Cette fois aussi, il y a mort d'homme, mais pas d'arme à feu ni même d'arme blanche. David a été tabassé à mort à coup de rangers à la sortie d'une boîte de nuit du centre-ville, à deux heures du matin dans la nuit de samedi. Fracas facial ; traumatisme encéphalique majeur ayant entraîné la mort, confirmera bientôt le légiste.</p><p>― <em>C’est rapport à tes ch’veux blancs qu’y t’ont laissé sortir, mon Gilou ? Comment qu’ça passe pour les autres ? Si tu comptes raconter tout ça dans ce p’tit carnet d’écolier, gaffe à pas l’laisser traîner n’importe où !</em></p><p>C’est ce que venait de me conseiller Pascale en flashant le code-barres du carnet avec le pistolet de sa caisse enregis-treuse. L’histoire la concernait de très près, elle aussi, car ses deux grands fils, Victor et Etienne, faisaient partie de la bande des frères Dalband, impliquée dans la bagarre de samedi. Heureusement, ni l’un ni l’autre n’était présent ce soir-là.</p><p>Je n'étais pas le seul en garde à vue. Nous étions quatre. Nous avions été interpellés séparément au cours de la matinée de dimanche. David succombera à ses blessures quelques heures plus tard, dans la soirée.</p><p>Par contre, je suis le seul à être dehors à cette heure-ci. J'ai été inculpé de non-dénonciation de crimes et délits. Des mandats de dépôt ont été délivrés contre les trois autres, après qu'ils aient été inculpés de meurtre et violences aggra-vées par trois circonstances ― réunion, ivresse et guet-apens.</p><p>J'ai maintenant soixante-cinq ans. En privé, on m’appelle Gilou et j'étais certainement le doyen dans cette boîte de nuit samedi soir. Mais j'étais bien en compagnie des deux frères Dalband et de Thomas. Nous fêtions la victoire en national 2 de l'équipe de rugby locale, mais pas que... C'est une longue histoire.</p><p>Thomas et Stan, le cadet des Dalband, n'ont que 19 et 20 ans et sont respectivement arrière et trois quarts centre de cette équipe que j'entraîne depuis quelques années déjà. Lucas Dalband a lui vingt-trois ans et était le très brillant demi d'ouverture de l'équipe jusqu'à la saison dernière. Pressenti pour intégrer l'équipe de top 14 de la métropole voisine, il était donc sur le point de devenir professionnel et portait tous les espoirs paternels. Malheureusement, une blessure au genou lors de la finale du championnat régional le tient depuis éloigné des terrains.</p><p>J'avais entraîné Lucas plusieurs années et Thomas et Stan étaient maintenant dans l'équipe senior depuis deux saisons. Mais celui que je connaissais le mieux, c'était Pierre, leur père. Il avait quelques années de moins que moi. Pourtant on avait joué ensemble deux ou trois saisons et surtout on était devenus amis. Lui était déjà mécanicien dans ce magasin de cycles qu'il avait racheté quelques années plus tard. Moi j'étais videur dans une boîte de nuit de la Tour Fondue au bout de la presqu’île. Un soir où le patron de la boîte avait eu besoin de renfort, je lui avais conseillé Pierre. Par la suite, il avait fait appel à lui presque tous les samedis soir.</p><p>Les Dalband sont issus d'un milieu relativement modeste. Pierre, le père, tient un magasin de cycles en bas de l'avenue Gambetta. Sa femme Josiane est surveillante dans un institut privé. Le parcours scolaire des deux frères est resté modeste, lui aussi. L’aîné a commencé à travailler dans l'atelier de son père dès la sortie du collège. Le second n'est pas arrivé au bout de la formation en électromécanique qu'il avait débutée en classe de seconde au lycée technique de la ville.</p><p>L'originalité de cette famille, c'est plutôt Thomas.</p><p>Même s’il vient d’un tout autre milieu, c’est un peu le demi-frère des deux autres. Quand le père de Thomas est mort, Stan et lui étaient dans cette même classe de seconde. Thomas avait seize ans à l'époque et sa mère était une morphinomane, alcoolique au dernier degré. Thomas est venu de plus en plus souvent déjeuner chez les parents de Stan. Entre le magasin de cycles qui tournait bien, le salaire de Josiane, et un certain nombre de petits "à côté", la famille n'avait pas de problème financier. Et puis il y avait le rugby... Pierre était lui-même ancien joueur, et poussait déjà Lucas à devenir professionnel. Stan et Thomas étaient encore juniors, mais déjà bien accrochés. France, la mère de Thomas, était séparée de son mari depuis de longues années. Elle avait été internée en hôpital psychiatrique quelques mois et Thomas s'était finalement installé chez les Dalband. Ça faisait un peu plus de trois ans maintenant. Lui avait réussi son bac pro l'année précédente.</p><p>Depuis qu'ils étaient entrés dans l'adolescence, Pierre gérait ses fils comme un chef de clan. Trois ans plus tôt, Thomas avait simplement rejoint le clan...</p><p><strong>********************</strong></p><p><strong><em>STAN</em></strong></p><p>C'était la trois ou quatrième fois que j'allais passer la soirée avec eux cette saison. Le Louis XIII est la seule boîte de nuit du centre-ville. Toutes les autres sont en bord de mer ou sur la presqu’île.</p><p>Mes poulains s'amusaient beaucoup ensemble et ils avaient toujours quelque chose à fêter. De mon côté, nous sortions peu le soir, ma femme Judith et moi, et de petites entorses avec ces joyeux drilles me rajeunissaient, m'en donnaient l'impression en tout cas.</p><p>Stan qui était le plus jeune des trois était presque toujours fauché, mais buvait néanmoins beaucoup trop. Après quel-ques verres, il devenait agressif et ne s’arrêtait malheureu-sement pas là. Je me rappelais avoir écourté abruptement une de ces soirées, alors qu'il avait commencé à s'en prendre sans véritable raison et de plus en plus violemment aux occupants de la table voisine. Ceux-ci avaient d'abord fait preuve d'indulgence face à l'ébriété manifeste du client, mais avaient fini par réagir à la grossièreté croissante des sorties de Stan. La situation s'était soudain tendue et j'étais intervenu précipitamment pour qu'on en reste là, en poussant Stan vers la sortie. Heureusement, les autres m'avaient suivi et ça en était effectivement resté là...</p><p>    													**************</p><p></p><p></p><p></p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Climax par Climax]]></title><description><![CDATA[<h3 id="migrateurs-et-autres-oiseaux-rares-du-pacifique">Migrateurs et autres oiseaux rares du Pacifique</h3><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2024/01/Rendu-couverture.jpg" class="kg-image" alt srcset="https://captainphilip.fr/content/images/size/w600/2024/01/Rendu-couverture.jpg 600w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w1000/2024/01/Rendu-couverture.jpg 1000w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w1600/2024/01/Rendu-couverture.jpg 1600w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w2400/2024/01/Rendu-couverture.jpg 2400w" sizes="(min-width: 720px) 720px"></figure><p>Texte de Cap'tain Philip / couverture, illustrations et mise en page de Maryline Foucaut /  sortie en janvier 2024 aux éditions Traboule distribuées par BoD  (410 pages)</p><p>Une nouvelle édition avec des cartes reprises est sortie en mai 2024 aux éditions Traboule, distribuée par BoD</p>]]></description><link>https://captainphilip.fr/climax-par-climax/</link><guid isPermaLink="false">65b224299e78b525899ad180</guid><category><![CDATA[Traboule]]></category><dc:creator><![CDATA[Philip ELLE]]></dc:creator><pubDate>Thu, 25 Jan 2024 09:05:50 GMT</pubDate><media:content url="https://captainphilip.fr/content/images/2024/01/20230924_235309.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<h3 id="migrateurs-et-autres-oiseaux-rares-du-pacifique">Migrateurs et autres oiseaux rares du Pacifique</h3><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2024/01/Rendu-couverture.jpg" class="kg-image" alt="Climax par Climax" srcset="https://captainphilip.fr/content/images/size/w600/2024/01/Rendu-couverture.jpg 600w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w1000/2024/01/Rendu-couverture.jpg 1000w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w1600/2024/01/Rendu-couverture.jpg 1600w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w2400/2024/01/Rendu-couverture.jpg 2400w" sizes="(min-width: 720px) 720px"></figure><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2024/01/20230924_235309.jpg" alt="Climax par Climax"><p>Texte de Cap'tain Philip / couverture, illustrations et mise en page de Maryline Foucaut /  sortie en janvier 2024 aux éditions Traboule distribuées par BoD  (410 pages)</p><p>Une nouvelle édition avec des cartes reprises est sortie en mai 2024 aux éditions Traboule, distribuée par BoD (408 pages) </p><p></p><h3 id="pour-commander-sur-amazon-cliquer-le-lien-ci-dessous-">pour commander sur amazon cliquer le lien ci-dessous :</h3><p><a href="https://www.amazon.com.be/Climax-par-Migrateurs-oiseaux-pacifique/dp/2958386961">Climax par Climax: Migrateurs et autres oiseaux rares du pacifique : Philip, Cap'tain: Amazon.com.be: Livres</a> </p><h3></h3><h3 id="pour-commander-la-librairie-bod-">pour commander à la librairie BoD :</h3><p>cliquer le bandeau orange ci-dessous</p><!--kg-card-begin: html--><!-- ### Begin BoD ShopWidget -->
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Bientôt, je découvrirai celle, combien moins paisible, de contrebandier aux mains d'un cartel, puis celle de bagnard au quai des douanes de Calais. Finalement libéré pour bonne conduite, j’expérimenterai celle de garçonnière d'un homme d'affaires de la nuit parisienne, enfin celle de base de vie d'un club de pêche sportive dans l'océan indien.</p><p>Au terme de cette jeunesse mouvementée et déjà lointaine à travers divers océans, voilà qu’un beau jour je tombe nez à nez avec Cap'tain Philip, croisé à Malte dans ma prime jeunesse... Commence alors une nouvelle vie de liberté en compagnie de mon nouveau capitaine vers les océans qu’il me reste à découvrir. Le grand sud, ses grandes houles et ses milliers d’oiseaux ; le Pacifique et ses étonnantes rencontres...</p><p>********</p><p><strong>LIRE LES PREMIERES PAGES :</strong></p><p><a><strong>Moi, Climax</strong></a></p><p>Bon, charité bien ordonnée... Commençons donc par mézigue, Climax. Migrateur plutôt, pour ma part. La taille fine et l’étrave agile, remâté deux fois dans la même année 2020, celle du fameux covid... Une première fois à l’île Maurice, au début de cette année de toutes les peurs ; une seconde à la fin, dans la baie de l’Orphelinat à Nouméa, capitale du "rocher" demeuré à l’abri de l’épidémie quelques mois de plus, et siège du légendaire "bar du bout du monde".</p><p>Étant ensuite resté prudemment en mer au plus fort de la pandémie, me voilà rendu avec le patron bien loin de là, de l’autre côté de l’océan Pacifique, plus exactement dans l’abri de la baie des Vierges sur l’île de Fatu Hiva, la plus orientale, autant que la plus sauvage de l’archipel des Marquises…</p><p>Migrateur donc, puisque j’ai été conçu bien loin de là, au fond d’un chantier de Charente-Maritime au cours de l’hiver 1990, à quasiment cinquante bornes des plages de l’océan Atlantique. Est-ce à dire que je suis né au bord d’une rivière sur le plancher des vaches ?</p><p>Évidemment non ! Un coursier des mers naît le jour de sa mise à l’eau, autrement dit, le jour où l’Olympe par le bras de Neptune lui confère une âme ; chacun s’occupant là-haut de ses propres affaires. Nous y reviendrons...</p><p>C’est donc un beau matin du printemps 1990 que je suis né au contact d’un bassin à flot de La Rochelle. Est-ce pour autant que j’affiche aujourd’hui à peine plus de trente balais ? Non, une nouvelle fois, les traditions dans nos corps de métiers étant immuables, je peux me prévaloir sans fausse modestie aucune de soixante années d’expérience... Autant dire l’âge de la retraite pour nos capitaines, jusqu’à tout récemment en tout cas !</p><p>Ah oui ! Vous n’avez pas tous traîné sur les pontons depuis tout gamin et certains ne savent peut-être pas comment se détermine "l’âge vrai" d’un bateau...  Pour les clébards, vous savez tous non ?</p><p>Si ton chien a deux ans et toi quatorze, vous êtes tous les deux tout fou, en pleine adolescence ; si au contraire, ton clebs va sur ses 10 ans et toi sur tes 70 balais, vous avez tous les deux des p’tits enfants et vous glissez gentiment sur la même mauvaise pente... Ben, pour les voiliers c’est du kif, sauf que le coefficient n’est que deux. Par exemple, moi qui n’affiche que trente piges et quelques sur le papier, côté expérience, j’en pèse un gros soixante par rapport à n’importe quel capitaine, même le meilleur !</p><p>Du coup, le patron et moi on est juste de la même génération, vous voyez ? Certes, lui est parti de Marseille à dix-neuf ans pour l’Asie du Sud-est, et moi à seulement quelques mois de La Rochelle, où je suis né, pour les Antilles. Mais on s’est retrouvés tous les deux à soixante balais sur le même ponton de la petite Marina de Nosy-Be à Madagascar avec notre histoire derrière nous.</p><p>J’ai bien dit "retrouvés"... Vous avez noté ? Oui, parce que c’est ça qu’est rigolo, et c’est même pour ça que j’vous raconte tout ça ! Mon patron, depuis ce jour relativement récent, celui du ponton de Nosy Be, je veux dire, c’est Cap’tain Philip. Or, Cap’tain Philip et moi, on s’est déjà croisés au cours de nos vies mouvementées ! C’était à Malte, en 1993... Autant dire un sacré bail !</p><p>Sur ce ponton de Nosy-Be, il y a deux ans, moi je l’ai reconnu du premier coup d’œil, Cap’tain Philip ! Bien sûr, à l’époque, il n’avait pas de cheveux blancs, mais une petite moustache, par contre. Lui m’a pas calculé, vous pensez bien ! Vous comprendrez mieux quand vous le connaîtrez !</p><p>C’est vrai aussi que j’avais pas encore le grand bossoir sur l’arrière qui m’change pas mal. Plutôt en bien, je trouve... enfin, bon, c’est pas à moi de l'dire !</p><p>Lui, il était déjà capitaine d’une grande sœur à moi en plus ! Une snob ! Madame arrivait de "Hyères les Palmiers via Syracuse"... Vous voyez l’genre !!! Elle se pavanait parce qu’elle était déjà venue là plusieurs fois, vu que Syracuse et Malte, ce sont justement les deux escales préférées de Cap’tain Philip en Méditerranée, il me l’a dit depuis ; sans faire le moindre rapprochement d’ailleurs malgré mes clins d’œil appuyés...</p><p>Moi, à Malte, c’était ma première visite, par contre. J’arrivais direct et sans escale de Grenade, dans les Petites Antilles. Alors, "Hyères les Palmiers", la belle affaire... Voyez c’que j’veux dire !!! Quant à Syracuse, c’est juste en face, y’a au moins cinq ferries qui font la liaison tous les jours !</p><p>Cap’tain Philip avait laissé la belle à ses manières et à son équipage qui avait l’air assez conséquent et plutôt fêtard, pour venir me voir de plus près avec son annexe. Il m’avait tourné autour avec pas mal d’intérêt, m’avait-il semblé, mais il n’avait pas pu monter à bord, car j’étais surveillé par un gardien maltais qui n’était pas commode.</p><p>Mais un de ces quatre, ça va faire tilt dans sa vieille caboche, j’en suis sûr ! Je sais même exactement ce qu’il dira ce jour-là, concis comme d’hab : « MERDE, C’ÉTAIT TOI !!! »</p><p>Vous me direz, c’est bien la peine d’arriver à soixante balais pour refaire les conneries qu’on a faites trente ans plus tôt !!! Et vous n’aurez pas tort… L’épisode Alfred, un autre migrateur de fond de cale, satanique, celui-là, le prouve assez ! Mais grâce au ciel, l’épisode Alfred est clos ; Alfred a été liquidé sur les côtes de Nouvelle-Galles-du-Sud. Nous en reparlerons en temps utile. Prenons plutôt les choses dans l’ordre... Et puisque nous avons commencé ce récit par mon auguste personne, revenons sur le port de La Rochelle en l’an de grâce 1990, à l’aube de cette ultime décade du vingtième de nos siècles...</p><p>Mes vernis avaient eu le temps de sécher pendant ce premier printemps. Après avoir franchi maintes fois les jetées de La Rochelle pendant l’été sous l’œil sévère de la tour Saint-Nicolas à l’occasion de locations à la semaine, je les vis disparaître pour de bon sous l’horizon un beau matin d’octobre 1990.</p><p>Mon premier patron était tout jeune. Il sortait tout juste de l’école. Employé par une société de location de voiliers aux Antilles, il n’avait trouvé pour le seconder que deux lascars en mal d’aventure recrutés sur le quai. Heureusement, la traversée était facile puisqu’il s’agissait de sortir du golfe de Gascogne par beau temps avant de rejoindre la route des alizés au niveau des îles Canaries.</p><p>Mon port d’attache a été Antigua pendant deux saisons. Autant dire, quillons en éventails et cigare au bec ! Un quotidien paisible, ponctué de petites croisières vers Barbuda ou Montserrat pour le compte de vacanciers hilares et parfaitement disposés à mon égard. Le tout, sous la conduite attentive de mon jeune patron qui, les mois passant, prenait de l’assurance. Au point que le jour venu, au cœur de l’été 1992, il avait pris la bonne décision, sans attendre les instructions de ses employeurs...</p><p>Un cyclone de catégorie trois approchant des Petites Antilles, on avait filé deux jours plein sud jusqu’à l’île de Grenade. Le cyclone était passé entre-temps en catégorie quatre et avait dévasté les îles de la Guadeloupe et de la Dominique avant de ravager celles d’Antigua-et-Barbuda. Un second phénomène cyclonique de moindre importance était arrivé quelques jours plus tard sur les îles de la Barbade et de la Martinique.</p><p>Côté météo, Grenade avait donc été un excellent choix de mon jeune patron. Sur place, il avait même appris que la petite île de Grenade était le premier producteur mondial de noix de muscade, avant d’être instruit à ses dépens quelques heures plus tard, d’un autre aspect du palmarès de la petite république... Beaucoup plus proche que ses voisines de la côte vénézuélienne, c’était devenu en quelques années une importante plaque tournante du trafic de cocaïne vers l’Europe...</p><p>Ce soir-là, comme il avait pris l’habitude de le faire en toute confiance sur le port d’Antigua, mon jeune patron m’avait abandonné pour la soirée en vue d’une virée des plus classiques dans les établissements de nuit de Georgetown.</p><p>Quand il était redescendu sur le quai un peu avant deux heures du matin, je n’étais plus là... Mon jeune fêtard, encore persuadé que les quelques verres de rhum arrangé éclusés à intervalles réguliers au cours de la soirée étaient seuls responsables de cette disparition fâcheuse, avait parcouru quais et pontons sans relâche jusqu’au petit matin. M'avait-il, tous comptes faits, laissé au mouillage... ? Mais dans ce cas où avait-il bien pu amarrer mon annexe... ?</p><p>À cette heure, de sombres individus avaient déjà mouillé ma pioche dans une anse déserte au nord-ouest de l’île et deux pirogues faisaient silencieusement la navette entre la plage et mes jupes arrière...</p><p>Au petit matin, les vapeurs d’alcool s’étant à peu près dissipées, la triste évidence était apparue à mon acolyte dans toute sa dimension critique... Il n’avait plus à sa disposition que son portefeuille essoré par la soirée de bringue, sa veste de quart qu’il avait gardé sur lui, tant le temps était aux bourrasques, et, heureusement, son livret maritime qu’il put présenter au poste de police du port, puis au consulat de France, quand celui-ci avait ouvert ses portes deux heures plus tard. Heure à laquelle, pour ma part, je faisais déjà route au nord-est depuis plusieurs heures à l’écart de toutes eaux territoriales...</p><p>																**********</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA["Une petite fille en pleurs" (roman)]]></title><description><![CDATA[Par Pascale Yvetot  & Cap'tain Philip est sorti en mai 2023 aux éditions Traboule distribuées par BoD  (284 pages) / couverture sur montage original : Maryline Foucault]]></description><link>https://captainphilip.fr/une-petite-fille-en-pleurs/</link><guid isPermaLink="false">646482affe98a46e7c945a9c</guid><category><![CDATA[Traboule]]></category><dc:creator><![CDATA[Philip ELLE]]></dc:creator><pubDate>Wed, 17 May 2023 07:31:54 GMT</pubDate><media:content url="https://captainphilip.fr/content/images/2023/05/maquette-maryline-1--petite-fille.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="https://captainphilip.fr/content/images/2023/05/maquette-maryline-1--petite-fille.jpg" alt=""Une petite fille en pleurs" (roman)"><p></p><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2023/05/montage-VF-redim-1.jpg" class="kg-image" alt=""Une petite fille en pleurs" (roman)" srcset="https://captainphilip.fr/content/images/size/w600/2023/05/montage-VF-redim-1.jpg 600w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w1000/2023/05/montage-VF-redim-1.jpg 1000w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w1600/2023/05/montage-VF-redim-1.jpg 1600w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w2400/2023/05/montage-VF-redim-1.jpg 2400w" sizes="(min-width: 720px) 720px"></figure><p></p><p><strong>Auteurs :</strong> Pascale Yvetot  &amp; Cap'tain Philip </p><p><strong>couverture : </strong>design Maryline Foucaut</p><p><strong>Sortie</strong> en mai 2023 aux éditions Traboule distribuées par BoD  (284 pages)</p><p></p><h3 id="pour-commander-sur-amazon-cliquer-le-lien-ci-dessous-">pour commander sur amazon cliquer le lien ci-dessous :</h3><p><a href="https://captainphilip.fr/une-petite-fille-en-pleurs/www.amazon.fr/une-petite-fille-en-pleurs/dp/2958386945">www.amazon.fr/une-petite-fille-en-pleurs/dp/2958386945</a></p><h3 id="pour-commander-la-librairie-bod-">pour commander à la librairie BoD :</h3><p>cliquer le bandeau orange ci-dessous</p><!--kg-card-begin: html--><!-- ### Begin BoD ShopWidget -->
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Elle y raconte sans détour son enfance avec son frère, puis son adolescence de l'occupation à mai 68.</p><p>De ce fait, peu de personnages sont entièrement fictifs. Veuillent tous les autres absoudre les auteurs des intrusions furtives et répétées dans leur histoires respectives.... honni soit qui mal y pense</p><p>                                                		      		******</p><p><strong>Synopsis d'une petite fille en pleurs :</strong></p><p>En 1937 Jo et Pierrot ont vingt ans, ils se rencontrent à Doum Tataouine dans les régiments disciplinaires du sud Tunisien. La même année Michel naît à Lyon trois ans avant sa petite sœur Marie. Très tôt les deux enfants seront séparés et, chacun de leur côté, ballottés de nourrice en nourrice puis d’institution en institution au gré des déboires et avanies de leurs parents ; prostitution, collaboration, épuration, prison pour la mère ; déportation pour leurs pères respectifs.</p><p>Jo et Pierrot seront démobilisés en 1940. Les aléas de la guerre et de l'occupation les éloigneront plusieurs fois l'un de l'autre, mais leur indéfectible amitié aura toujours le dessus...</p><p>Par les hasards de la vie dissolue de leur mère, les deux enfants vont croiser Jo et Pierrot au fait de leur carrière de truands redoutés de tous...</p><p>C'est la course éperdue de la petite Marie pour retrouver son grand frère après la guerre qui va la ramener à travers un long labyrinthe vers Jo et Pierrot au crépuscule de leur cavale...</p><p>Une histoire qui, en contrepoint, semble narguer l'autre, plus exemplaire, des trente glorieuses.</p><p>															********</p><p><strong>LIRE LES PREMIERES PAGES :</strong></p><h1 id="1-chalet-des-marronniers">1. Chalet des Marronniers</h1><p>On est le 25 septembre 1946 à Champigny-sur-Marne. Une Citroën C15 soulève un épais nuage de poussière sur un chemin de terre qui contourne le bourg. Au volant, l’inspecteur Nozeilles. Il fait partie du dispositif de 350 policiers, assistés par deux automitrailleuses qui sont en train de se déployer autour du Chalet des Marronniers.</p><p>Ce déploiement inédit fait suite à une information reçue la veille au soir par la préfecture de police de Paris : le ″gang des tractions″ est réuni à Champigny pour préparer son prochain braquage.</p><p>L’inspecteur Nozeilles aperçoit une femme avec une enfant dans les bras qui escalade le talus à sa rencontre. Son visage est ensanglanté. Les quelques mètres qui la séparent encore du bord du chemin sont en pente raide. Elle semble épuisée. Elle lui fait signe de son bras libre, couvert de sang lui aussi. Nozeilles hésite, puis freine brutalement. Le nuage de poussière rattrape la voiture arrêtée, cantonnant la scène surréaliste qui va suivre dans l’incertain, le vague cotonneux d’une espèce de rêve qu’on aurait bien pu faire, après tout...</p><p>Quelques secondes passent, le temps que la femme parvienne jusqu’à la vitre baissée de la C15. L’épaisse gangue de poussière n’est pas encore retombée autour du véhicule. Pourtant, la femme identifie instantanément les uniformes des deux hommes qui accompagnent l’inspecteur Nozeilles. Elle a un mouvement de recul, laisse échapper un cri, se retourne brusquement avant de se relancer à toutes jambes dans la pente qu’elle vient de grimper péniblement. Dans son mouvement de panique, l’enfant lui a échappé. C’est une petite fille de six ou sept ans. Un des gendarmes, qui a jailli par la portière arrière, rattrape la gosse au vol. Il va bientôt apprendre de la petite fille qu’elle s’appelle Marie. L’autre gendarme rattrape rapidement la femme avant de la maîtriser à grand- peine et de la remonter jusqu’à la Citroën. La réaction de l’inspecteur surprend le jeune gendarme. Malgré le sang qui suinte encore d’une entaille au cuir chevelu de la jeune femme, malgré son état de choc et d’agitation manifeste, Nozeilles commence par lui passer assez brutalement des menottes avant de la contraindre à s’asseoir à l’arrière de la voiture en lui tordant quasiment le cou... La Citroën redémarre aussitôt.</p><p>La femme pleure, s’étrangle en agrippant tour à tour chacun des gendarmes qui l’encadrent sur la banquette arrière de la C15. Elle est dans un état d’agitation extrême. Sa force semble décuplée par l’adrénaline, le stress qui alimentent cette crise de fureur ou de terreur absolue que les deux hommes s’avèrent d’autant plus impuissants à calmer qu’elle hurle des bribes d’explications complètement décousues que les sanglots convulsifs de la fillette couvrent presque totalement.</p><p>L’inspecteur Nozeilles a 54 ans. Il participe depuis plus d’un an à la traque rocambolesque du gang des tractions sous les ordres des deux commissaires qu’il est censé rejoindre au bout de ce chemin pour leur confirmer que tout est paré. Lui n’a pas fait d’études de psychologie, criminologie ou autres. Pourtant, intuitivement, il sait que les vociférations qui saturent l’habitacle de sa voiture de service émanent d’un témoin en état de choc, temporairement incapable de la moindre stratégie d’enfumage ou de mensonge construit. Ces éléments épars qui fusent en désordre de la bouche de cette femme seront forcément précieux s’il parvient à les restituer de façon intelligible à ses supérieurs...</p><p>Ce qui explique la brusquerie de l’attitude de Nozeilles, c’est qu’il doit rejoindre de façon urgente les deux commissaires qui chapeautent le dispositif et attendent justement son rapport pour lancer l’opération. Pourtant, malgré cette urgence absolue, il a stoppé la voiture à la hauteur de cette femme qui semblait demander un secours qu’elle aurait de toute façon trouvé très rapidement dans le cadre du dispositif imposant en place sur le périmètre. C’est une circonstance précise qui a déclenché le réflexe de l’inspecteur. Au moment où il a aperçu la femme, le chemin passait précisément en surplomb du Chalet... et cette femme venait manifestement de s’en échapper...</p><p>Le train avant de la Citroën a déjà chassé plusieurs fois sur la couche de latérite inégale. Les mains crispées sur le volant, Nozeilles n’a d’autres choix que d’essayer de mémoriser la suite d’éléments qui défilent au gré des hurlements qui saturent de façon insupportable l’espace étroit, sans relâcher sa pression sur le champignon de l’accélérateur... Il ferait le tri plus tard, quand le calme reviendrait... un futur incertain pour l’heure, voire plus qu’aléatoire !</p><p>La femme prétend être une prostituée... « Son nom de gagneuse c’est Marika et elle les emmerde ! Eux, les "poulets", autant que ces types-là, ces braqueurs sans merci avec lesquels elle n’a rien à voir ! C’est son "abruti de mac" qui l’a fourrée dans leurs pattes pour le week-end et ce n’est pas la première fois qu’il lui fait ce coup-là, "ce salaud"... genre putes de haut vol et Champagne à gogo dans des auberges isolées ! Les "régulières" des truands, elles, restent cantonnées dans leur planque respective... Quant à son mac, ce salaud de Riquet, il ne la prévient jamais à l’avance ; cette fois, il lui est tombé dessus, alors qu’elle était partie en Normandie pour un week-end avec ses enfants ! Elle n’a pas pu laisser sa fille là-bas au débotté et c’est comme ça que la petite Marie se retrouve à hurler à côté d’elle dans une bagnole de poulets hostiles sans qu’elle puisse la calmer à cause de ces "saloperies de menottes" ! Marie n’a rien à voir avec tout ce "bordel" ! Elle n’est même pas la fille de Riquet, son connard de mac, encore moins celle de Pierrot, s’enrage-t-elle... Pierrot pour qui elle reconnaît un petit faible, tempère-t-elle, et qui vient de se volatiliser sous ses yeux en sortant du tunnel juste derrière le Chalet... »</p><p>Au nom de Pierrot, Nozeilles a dressé l’oreille, si c’est encore possible dans ce déluge sonore... Comment va-t-il pouvoir remettre tout ça dans l’ordre ? Mais après ce petit clin d’œil larmoyant vers Pierrot, la logorrhée reprend de plus belle... Les injures fusent en avalanche, tel un torrent furieux :</p><p>« Marie, c’est la fille d’un "demi-sel"qu’elle a aimé pendant les premiers mois de guerre... une époque où elle "trimait"déjà, mais au soleil, sur les bords du Rhône, pas dans des plans fumeux à rameuter pareille "armada de poulaille" ! Elle a un grand frère, Marie, il s’en est failli d’un poil qu’il soit là, lui aussi, dans "vos sales pattes de minables". En tout cas, Pierrot, vous l’aurez pas ! “pffffouit”, il vous a encore glissé entre les pattes, tas de "culs bénis" ! À chaque fois, elle en est de leurs "petites sauteries"à ces "salopards" ! Remarque, Pierrot et ses potes, c’est pas des "couilles molles" eux, au moins ! Rien à voir avec ces petits souteneurs "à la manque" qui lui "fanent l’horizon" depuis trop longtemps ! Ce minable de Riquet, depuis qu’il m’a récupérée à ma sortie "d’zonzon", il me colle dans leurs pattes à chaque occasion... À croire qu’il se prend pour leur petit pote sous prétexte qu’ils se sont connus aux "Bat’ d’af" ! Tu parles si y s’en tamponnent de "minables" comme Riquet, ces gars-là ! Eux, y z’ont juste besoin de "petits culs propres" pour se défouler au Moët et Chandon à l’occasion ! Et j’irai jusqu’à dire que je m’en plains pas tant que ça ! Mais vous êtes tellement "à la bourre" de ce côté-là, "tas de puceaux", que vous pigeriez pas tout ! S’trouve qu’aujourd’hui, ça a "tourné vinaigre" ! Il a fallu se tirer en catastrophe ! Panique au poulailler, fantasia chez les putes ! Mais "les gonzes" avaient prévu le coup, eux... Ils vous ont filé sous l’pif en ordre dispersé. Moi, j’ai soigné Pierrot, après je l’ai suivi. Mais avec la môme, j’étais "à la ramasse" ! Il faisait tellement sombre dans les caves que je me suis "emplâtré la gueule" plusieurs fois ! Quand je suis arrivée au puits à la sortie du tunnel, j’ai eu du mal à sortir Marie... Après "nib" ! Plus de Pierrot. Pourtant il était blessé et j’avais son sang sur la manche... »</p><p>Nozeilles se concentre à nouveau sur cet élément imprévu... Où le truand est-il blessé et comment est-ce arrivé puisque le feu n’a pas encore été déclenché ? Précisément, faute au temps qu’il met lui-même à avertir ses supérieurs que tout est en place... et merde !!! Mais pas moyen d’interrompre cette dingue ! Encore moins d’espérer d’elle la moindre réponse...</p><p>« Michel, il s’appelle mon garçon qui vous emmerde lui aussi du haut de ses neuf ans et vous en fera voir le jour venu ! Fils de gitan lui aussi, mais un vrai, un manouche, pas du genre à foutre ses sœurs au bord des routes ! Ce gitan, c’est lui que j’ai vraiment aimé, mais j’étais qu’une "môme". Il est parti comme il était venu, il a juste continué sa route et maintenant j’m’en fous… Faut juste que j’sorte de vos "salles pattes"puisque j’ai rien à voir avec ces gars-là, j’vous dis ! »</p><p><strong>******</strong></p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[" Au plus barjo " (roman)]]></title><description><![CDATA[aquarelle originale Maryline Foucaut - - port/écluse de Bellegarde -

]]></description><link>https://captainphilip.fr/au-plus-barjo/</link><guid isPermaLink="false">630864008543001a04384dae</guid><category><![CDATA[Traboule]]></category><dc:creator><![CDATA[Philip ELLE]]></dc:creator><pubDate>Fri, 26 Aug 2022 06:23:58 GMT</pubDate><media:content url="https://captainphilip.fr/content/images/2022/09/IMG_0775-1.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<figure class="kg-card kg-image-card"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/09/montage-png.png-REDIM.png" class="kg-image" alt="" Au plus barjo " (roman)" srcset="https://captainphilip.fr/content/images/size/w600/2022/09/montage-png.png-REDIM.png 600w, https://captainphilip.fr/content/images/2022/09/montage-png.png-REDIM.png 900w" sizes="(min-width: 720px) 720px"></figure><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/09/IMG_0775-1.jpg" alt="" Au plus barjo " (roman)"><p><strong>couverture : </strong>design marylin Foucaut</p><p><strong>Auteurs :</strong> Pascale Yvetot  &amp; Cap'tain Philip </p><p><strong>Sortie</strong> : en Août 2022 aux éditions Traboule distribuées par BoD  (192 pages) </p><p>disponible en version brochée et en e.book</p><h3 id="pour-commander-sur-amazon-cliquer-le-lien-ci-dessous-">pour commander sur amazon cliquer le lien ci-dessous :</h3><figure class="kg-card kg-bookmark-card"><a class="kg-bookmark-container" href="https://www.amazon.fr/Au-plus-barjo-Pascale-Yvetot-ebook/dp/B0BBRPRBZH"><div class="kg-bookmark-content"><div class="kg-bookmark-title">Au plus barjo eBook : Yvetot, Pascale, Philip, Cap’tain, Traboule, èditions: Amazon.fr: Boutique Kindle</div><div class="kg-bookmark-description">Achetez et téléchargez ebook Au plus barjo: Boutique Kindle - Littérature : Amazon.fr</div><div class="kg-bookmark-metadata"><span class="kg-bookmark-publisher">Pascale Yvetot</span></div></div><div class="kg-bookmark-thumbnail"><img src="https://fls-eu.amazon.fr/1/batch/1/OP/A13V1IB3VIYZZH:525-5893783-8117417:WJFV1AS36CD70A08F2XW$uedata&#x3D;s:%2Frd%2Fuedata%3Fstaticb%26id%3DWJFV1AS36CD70A08F2XW:0" alt="" Au plus barjo " (roman)"></div></a></figure><h3 id="pour-commander-la-librairie-bod-">pour commander à la librairie BoD :</h3><p>cliquer le bandeau orange ci-dessous</p><!--kg-card-begin: html--><!-- ### Begin BoD ShopWidget -->
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<div id="bodShopWidget_3967425_ebook" class="bodShopWidget"></div><script type="text/javascript">if(typeof checkLibExist == "undefined"){var script = document.createElement("script");script.src ="//www.bod.fr/public/js/bod/v1.1/shopWidget.min.js";script.type = "text/javascript";document.head.appendChild(script);var checkLibExist = true;}if(typeof books === "undefined") var books=[];books.push({"objID":"3967425","swKey":"65e8b38b2fed124aeb69da6a354b0618","type":"ebook","size":"medium","font":"nonSerif","shadow":false,"contour":true,"coverContour":true,"fontColor":"#212529","contourColor":"#212529","shadowBtn":false,"contourBtn":true,"bgColor":"#fff","btnFontColor":"#fff","btnColor":"#fd6041","btnContourColor":"#fd6041","shop":"fr","mandantShopUrl":"https://librairie.bod.fr","lang":"fr"});</script>
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<!-- ### End BoD ShopWidget --><!--kg-card-end: html--><p></p><p></p><h3 id="pour-commander-sur-le-site-des-magasins-fnac-">pour commander sur le site des magasins FNAC : </h3><p><a href="https://www.fnac.com/a17227988/Francois-Clavel-Cochin-Blues">https://www.fnac.com/a17227988/Francois-Clavel-Cochin-Blues</a></p><p></p><h3 id="pour-commander-un-autre-titre-des-editions-traboule-">pour commander un autre titre des editions traboule :</h3><p>via le lien : <em><strong><a href="https://www.fnac.com/e595934/Traboule">https://www.fnac.com/e595934/Traboule</a></strong></em></p><p>                                                                 ******</p><p>Cap'tain Philip conduit un équipage de chercheurs d'épaves jusqu'à Cochin sur la côte Malabar  en décembre 1995. La traversée depuis Madagascar, l'embarquement du matériel de recherche à Victoria, capitale des Seychelles, l'installation du matériel à bord de Galathée, puis les premiers essais sur zone se déroulent sans accroc. Pourtant quelques jours plus tard, les choses se gâtent et dégénèrent rapidement...</p><p>                                                                   ******</p><p><strong>Synopsis de COCHIN BLUES :</strong></p><p>" Tout commence comme une superbe aventure maritime : un manuscrit du XVI° siècle évoquant le naufrage d'un navire portugais sur la côte Malabar, le recrutement d'une équipe de spécialistes pour localiser l'épave, le voyage à bord du catamaran "Galathée", les premiers sondages face à Cochin, en Inde, au milieu de la flottille bariolée des chalutiers...</p><p>Et soudain, la chasse au trésor vire au cauchemar. Galathée est arraisonné, son équipage jeté en prison. Motif invoqué : espionnage militaire ! Pour cette poignée de Français, "l'Inde éternelle" va prendre un visage particulier : complot politique, administration tentaculaire, corruption à tous les étages, pagaille insurmontable. Six mois de prison et un an et demi de résidence surveillée à échafauder des tentatives d'évasion. A l'inertie locale, les Français opposent leur système D et leurs coups de gueule façon capitaine Haddock. En France, on ne les oublie pas :  Jacques Pradel, Jean François Deniau, et même Jacques Chirac interviennent pour leur libération. Avec une certaine réussite puisque quatre membres d'équipage sont enfin libérés. Le deux derniers, Cap'tain Philip, le capitaine de Galathée et François Clavel, l'initiateur de l'expédition devront recourir à d'autres artifices... Ils racontent à deux voix, avec colère parfois, humour souvent, leur "déroute des Indes" - Une histoire de mer devenue polar exotique..."</p><p>                                                                ******</p><p>LIRE LES PREMIERES PAGES :</p><p><strong><em>PREMIÈRE PARTIE</em></strong></p><p><strong><em>De Richelieu à Cochin<br>novembre 1994 – 18 décembre 1995</em></strong></p><h3 id="journal-de-fran-ois"><em><strong>Journal de François</strong></em></h3><p>Je referme doucement le livre terminé puis, à regret, je reviens à la conscience du monde qui m’entoure. Après cette plongée au cœur de l’aventure maritime du XVIe siècle, je refais surface dans la grande salle de lecture de la Bibliothèque nationale, à Paris. Sous les vieilles dorures, les bois cirés et les encorbellements qui abritent les livres, tout semble immuable. Autour de moi, penchés sous autant d’abat-jours verts, d’autres lecteurs sont immergés dans leurs recherches.</p><p>Je relis le titre de l’ouvrage que je tiens encore en main : <em>Le Grand Routier de mer</em>, publié à Amsterdam en 1619. L’auteur, Jan Huygens Van Linschoten, était un marchand hollandais érudit. Après un long séjour aux Indes, il occupait les fonctions de secrétaire auprès de l’archevêque de Goa, il rapporta dans son pays « le grand secret », celui des routes permettant aux navires européens de contourner l’Afrique, de traverser l’océan Indien pour toucher la côte des Épices, dont ils revenaient chargés de précieuses cargaisons.</p><p>Le livre contient des observations sur les us et coutumes des Indes, mais aussi des indications sur les vents, les courants, en fonction de l’époque de l’année. Un ensemble de données jusqu’alors jalousement préservées, et qui relevaient déjà de l’espionnage commercial… Mais dans cette mine d’informations, une seule anecdote a retenu mon attention. Un fait divers survenu en janvier 1587 devant la ville de Cochin, illustrant l’esprit de lucre qui existait déjà, lui aussi, il y a quatre siècles :</p><p>« Or comme on chargeait les navires les uns après les autres, en sorte que par ce moyen l’un partait cinq ou six jours devant l’autre, le navire nommé Reliquias resta le dernier : lequel, nonobstant qu’il avait reçu sa juste charge, fut surchargé de quelque quantité de cannelle, qui pour lors était fort chère en Espagne, les officiers &amp; fermiers qui ne devaient souffrir cela s’étant laissé corrompre par ceux qui y espéraient faire grand profit. Les navires sont coutumièrement à l’ancre à une lieue de la ville lorsqu’on les charge, tellement que quand le temps de leur départ est venu, on y accourt de la ville en des barquettes qu’ils appellent tonnes &amp; Palinges, chargées des personnes qui doivent faire le voyage &amp; d’autres qui les convoient jusqu’au navire, avec viande &amp; breuvage. Ce navire fut si fort chargé que l’eau atteignait jusques aux plus gros cordages, n’y ayant nulle place au bas du navire qui ne fût remplie, même le tillac se voyait tout chargé de coffres entassés les uns sur les autres. Et combien qu’il fût aisé à voir que ce vaisseau ainsi chargé ne pouvait être aventuré en mer sans manifeste danger de naufrage, toutefois à la demande de l’officier du Roi ayant inspection sur les navires qui partent et sur leurs charges, fut répondu, &amp; à ce qu’on dit soussigné, que la charge n’excédait point. Sur quoi on commença à tirer les câbles, lever les voiles &amp; dire les adieux. Mais comme le navire commençait à faire voile &amp; se mouvoir, il eut quelques poules qui, étant sorties de leurs cages, se prirent à voler sur le tillac, pour lesquelles avoir il y eut de la question &amp; gros débat entre plusieurs prétendant qu’elles leur appartenaient, auquel bruit les autres accourant il y eut fort grande presse d’un des côtés du navire qui vint à pencher de telle sorte du côté où la multitude des gens était qu’il enfonça tout bellement en la mer, ne restant presque qu’une paume du plus gros mât hors de l’eau. Par bonheur les barquettes suivaient encore pour ce qu’il faisait doux, de manière qu’elles vinrent bien à point pour sauver les personnes &amp; n’y eut aucun de noyé sinon les pauvres esclaves qui, ayant les fers aux pieds, ne purent être habiles à se sauver. Il n’y eut moyen de rien recouvrer de ce qui y était sinon quelques coffres qui étaient sur le tillac. Tout le reste qui était d’une inestimable valeur fut perdu… »</p><p>Après toutes ces journées passées à lire des récits d’auteurs anciens, susceptibles de relater l’aventure de bateaux naufragés, je tenais enfin une piste ! Pour le marin qui ne se sent vraiment à l’aise que face à l’horizon illimité, cette métamorphose obligée en « rat de bibliothèque » est souvent pénible. Il faut accepter le vase clos qui, comme un sas, doit ouvrir sur l’aventure. S’abîmer dans les « fonds » des bibliothèques pour mieux explorer ceux de l’océan, s’immerger dans le silence feutré des salles de lecture avant d’explorer le véritable monde du silence. Cette recherche préalable permet de courir après des chimères, mais des chimères que l’on a pris soin de mettre « au carré » avant le départ.</p><p>Il n’y a plus qu’à suivre la piste, me dis-je en déposant au bureau central les ouvrages retirés le matin. Passé la grande porte, quelques pas dans la cour pavée, puis le porche d’entrée, et c’est le choc de la ville. Toujours le même contraste fort lorsqu’on émerge dans la rue de Richelieu. On s’ajuste à la réalité́. Mais déjà l’esprit se transporte jusque sur là côte Malabar, au large de Cochin, où depuis quatre siècles, l’épave de <em>la Reliquias</em>attend sagement ses découvreurs…</p><h3 id="journal-de-philippe"><em>Journal de Philippe</em></h3><p>Juillet 1995, Madagascar. Le plus fort de la saison commence. Un groupe <em>Nouvelles Frontières</em> de huit à quinze personnes par semaine. Avec le minibus, je vais les chercher tous les mardis au petit aéroport de Nosy-Bé pendant que Black, le cuisinier, achète les vivres frais au marché. De retour en ville, je laisse tout le monde devant le bureau entre les mains de Géraldine, qui s’occupe des formulaires d’embarquement et montre sur la carte le parcours de l’inoubliable croisière que les « nouveaux » vont accomplir sur Galathée. Pendant ce temps, toujours au volant du minibus, je suis censé récupérer Black et ses cageots sur le marché. On filera ensuite chez la « Chinoise » où notre commande d’épicerie doit être prête, puis à la maison pour prendre les boissons, une bouteille de gaz, un jerrican d’essence, plus un tas de petit bordel dont la liste varie peu d’une croisière à l’autre.</p><p>En fait, tout se passe rarement aussi bien…</p><p>                                                          *******</p><!--kg-card-begin: html--><!-- ### Begin BoD ShopWidget -->
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<!-- ### End BoD ShopWidget --><!--kg-card-end: html-->]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[" Carnets de voyage "]]></title><description><![CDATA[portrait de l'autrice 1938]]></description><link>https://captainphilip.fr/carnets-de-voyage/</link><guid isPermaLink="false">62acb35787744bd3eef34239</guid><category><![CDATA[Traboule]]></category><dc:creator><![CDATA[Philip ELLE]]></dc:creator><pubDate>Fri, 17 Jun 2022 18:35:41 GMT</pubDate><media:content url="https://captainphilip.fr/content/images/2022/09/COUVERTURE-CARNETS--5.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/09/COUVERTURE-CARNETS--5.jpg" alt="" Carnets de voyage ""><p>                ENQUETE AU BOUT DU MONDE</p><p>Par Jacqueline Féret &amp; Cap'tain Philip est sorti en juin 2022 aux éditions Traboule distribuées par Bod  (260 pages) </p><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/09/Capture-d--cran--72-.png" class="kg-image" alt="" Carnets de voyage "" srcset="https://captainphilip.fr/content/images/size/w600/2022/09/Capture-d--cran--72-.png 600w, https://captainphilip.fr/content/images/2022/09/Capture-d--cran--72-.png 791w" sizes="(min-width: 720px) 720px"></figure><p><strong><strong>Auteurs :</strong></strong> Jacqueline Féret &amp; Cap'tain Philip</p><p><strong><strong>Sortie :</strong></strong> en juin 2022 aux éditions Traboule distribuées par BoD  (260 pages)</p><p>disponible en version brochée </p><h3 id="pour-commander-sur-amazon-cliquer-le-lien-ci-dessous-">pour commander sur amazon cliquer le lien ci-dessous :</h3><p><a href="https://www.amazon.fr/Carnets-voyage-Enqu%C3%AAte-bout-monde/dp/2957925559">Amazon.fr - Carnets de voyage: Enquête au bout du monde - Féret, Jacqueline, Philip, Cap'tain, traboule, editions - Livres</a></p><h3 id="pour-commander-la-librairie-bod-">pour commander à la librairie BoD :</h3><p>cliquer le bandeau orange ci-dessous (en bas)</p><!--kg-card-begin: html--><!-- ### Begin BoD ShopWidget -->
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Mes parents jeunes mariés partaient pour un périple au long cours, de France jusqu’aux mers australes... Plusieurs mois sur un paquebot de ligne entre Caraïbes, Panama, Océanie... Jusqu’à la Nouvelle Calédonie où mon père devait prendre ses fonctions de second lieutenant au commerce...</p><p>1958,  j ai 7 ans en banlieue parisienne et je découvre les cicatrices de l’après-guerre.</p><p>Mon terrain de jeu,  ce sont les rues de Bécon les Bruyères, l’escalier de mon immeuble, la vie présente et passée de mes voisins ... Dans ce monde si mystérieux des adultes, mon grand père est un guide espiègle et attentif.</p><p>                                                                 ******</p><p>LIRE LES PREMIERES PAGES :</p><p><strong>PARIS – Gare de Lyon</strong></p><p><strong> – 1995 –</strong></p><p>Je viens de passer deux semaines chez mes enfants, Patrick, l’aîné, en Anjou et Françoise, en grande banlieue parisienne. J’ai pu y retrouver mes petits et arrière-petits-enfants dont la compagnie m’a apporté beaucoup de joie.</p><p>Maintenant, c’est le retour vers le midi. Ma fille m’a accompagnée à la gare de Lyon et, en attendant l’heure du train, nous prenons un dernier café ensemble à l’une des terrasses encombrées de bagages et de voyageurs sur le départ.</p><p>J’ai maintenant 95 ans et c’est ma fille aujourd’hui qui me prodigue conseils et directives pour le voyage. Tandis que je l’écoute avec une attention feinte (ce n’est quand même pas le premier voyage que j’entreprends !), mes yeux s’arrêtent sur une affiche de la revue « Géo » dont les reportages magnifiquement illustrés me transportent souvent dans des contrées connues ou inconnues pour mon plus grand plaisir.</p><p>« Madagascar l’île émotion ».</p><p>Le cliquettement des panneaux d’horaires, le battement d’ailes d’un pigeon prisonnier de l’immense verrière qui vient de conduire mon regard jusqu’au titre enchanteur et même la voix de ma fille se fondent dans la rumeur composite qui baigne le hall…</p><p>Il n’en fallait pas plus pour que mon esprit s’échappe vers Tamatave où réside maintenant Philip, mon plus jeune fils.</p><p>C’est dans ce port de l’autre hémisphère que j’ai fait escale en revenant d’Indochine durant la Seconde Guerre mondiale et j’y suis retournée il n’y a pas si longtemps voir Philip.</p><p>Accompagné par l’œil indulgent de ma fille, je me précipite au stand de presse voisin pour me procurer le magazine propre à transformer ces quelques heures de confortable roulis vers le sud de la France, en un voyage plus aventureux.</p><h3 id="-"><strong>******</strong></h3><p></p><p>Je suis né à la veille d’un été torride, celui de 1952, et l’on m’a donc prénommé Philip (le maréchal était mort en prison l’année précédente, n’y voyons là qu’une coïncidence), Thierry, comme un grand frère qui n’a vécu que quelques mois, René enfin comme mon parrain qui était ingénieur aux chemins de fer et incidemment comme mon père.</p><p>Mon grand-père, lui, se prénommait André. Il m’a appris l’allemand et les échecs. Il est mort quand je venais d’avoir huit ans. Mais il a longtemps marché à mes côtés pendant que le monde changeait autour de nous.</p><p>Papa et sa grande sœur Suzy étaient déjà nés quand mon grand-père a été blessé dans les tranchées pendant la grande vorace. Peu après, ma grand-mère est partie avec un aviateur fraîchement décoré pour avoir mitraillé les pauvres types d’en face depuis son biplan.</p><p>Suzy était très belle. Je ne le sais que par de vieilles photos sur lesquelles on la voit jouer avec Gery, son petit garçon et mon frère aîné sur la plage du Lavandou en 1942, l’année où elle est entrée dans la résistance.</p><p>Elle a été arrêtée et exécutée l’année suivante en Italie. C’est donc mon grand-père qui, après avoir élevé seul Papa et Suzy, a élevé son petit fils Gery dans un modeste appartement de la rue Danton à Levallois-Perret, à deux pas de la porte Champerret.</p><p>Par les hasards successifs propres au conflit qui embrasait alors le monde entier, Papa s’est retrouvé pompier dans le XVIIe arrondissement de Paris. Toujours à deux pas, donc, de la rue Danton, et bientôt sans logement, lorsque, un beau matin, l’immeuble où il avait installé sa petite famille, de l’autre côté de la Seine, tout près de la gare de Bécon-les-Bruyères, fut éventré par une bombe américaine.</p><p>Alors que s’achève l’année 1943, les voilà donc tous les trois, grand-père, fils et petit-fils, un peu à l’étroit, trois étages au-dessus de la boucherie chevaline du 29 rue Danton à Levallois-Perret. D’autant plus à l’étroit que le grand-père est compositeur et que par contrecoup, le petit appartement est encombré d’instruments de musique de toutes sortes…</p><p>                                                        *******</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[" Vendredi Saint "]]></title><description><![CDATA[Aquarelle originale Maryline Foucaut]]></description><link>https://captainphilip.fr/vendredi-saint/</link><guid isPermaLink="false">629a4456b3c61e81fa511a02</guid><category><![CDATA[Traboule]]></category><dc:creator><![CDATA[Philip ELLE]]></dc:creator><pubDate>Fri, 17 Jun 2022 18:33:17 GMT</pubDate><media:content url="https://captainphilip.fr/content/images/2022/09/original-aquarelle-2-1--couv-VST.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<h3 id="oratorio-en-quatre-mouvements"><em>ORATORIO EN QUATRE MOUVEMENTS</em></h3><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/09/original-aquarelle-2-1--couv-VST.jpg" alt="" Vendredi Saint ""><p></p><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/09/montage-rougeoriginal---600ppp--taille-31.7x22-cm---3.jpg" class="kg-image" alt="" Vendredi Saint "" srcset="https://captainphilip.fr/content/images/size/w600/2022/09/montage-rougeoriginal---600ppp--taille-31.7x22-cm---3.jpg 600w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w1000/2022/09/montage-rougeoriginal---600ppp--taille-31.7x22-cm---3.jpg 1000w, https://captainphilip.fr/content/images/2022/09/montage-rougeoriginal---600ppp--taille-31.7x22-cm---3.jpg 1198w" sizes="(min-width: 720px) 720px"></figure><p><strong>Couverture :</strong> Design Maryline Foucaut</p><p><strong>Auteurs :</strong> Pascale Yvetot &amp; Cap'tain Philip </p><p><strong>Sortie :</strong> en mai 2022 aux éditions Traboule distribuées par Bod  (184 pages) </p><p>disponible en version brochée et en e.book</p><h3 id="pour-commander-sur-amazon-cliquer-le-lien-ci-dessous-">pour commander sur amazon cliquer le lien ci-dessous :</h3><figure class="kg-card kg-bookmark-card"><a class="kg-bookmark-container" href="https://www.amazon.fr/Vendredi-Saint-TRABOULE-EDITIO/dp/2957925532"><div class="kg-bookmark-content"><div class="kg-bookmark-title">Vendredi Saint : TRABOULE EDITIO, traboule, editions: Amazon.fr: Livres</div><div class="kg-bookmark-description">Vendredi Saint : TRABOULE EDITIO, traboule, editions: Amazon.fr: Livres</div><div class="kg-bookmark-metadata"><span class="kg-bookmark-publisher">TRABOULE EDITIO</span></div></div><div class="kg-bookmark-thumbnail"><img src="https://fls-eu.amazon.fr/1/batch/1/OP/A13V1IB3VIYZZH:525-0771535-3248945:TJP2QZ8WW76NDP1J9M2J$uedata&#x3D;s:%2Frd%2Fuedata%3Fstaticb%26id%3DTJP2QZ8WW76NDP1J9M2J:0" alt="" Vendredi Saint ""></div></a></figure><h3 id="pour-commander-la-librairie-bod-">pour commander à la librairie BoD :</h3><p>cliquer le bandeau orange ci-dessous (en bas)</p><!--kg-card-begin: html--><!-- ### Begin BoD ShopWidget -->
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Ce n'était alors qu'une petite peste de 8 ou 9 ans, prénommée Esther...</p><p> Et voilà que,  les années passant, la petite peste devient flic... puis Commissaire divisionnaire... puis spécialiste des affaires classées...</p><p>                                                                   ******</p><p>CARNET :</p><p>Andante  …………….…….……      Page      11</p><p>Scherzo………………………….       Page   119</p><p>Glissando/mezzo voce ........     Page   157</p><p>Moderato cantabile .......... …   Page   175</p><p>                                                                    ******</p><p><strong>Synopsis « VENDREDI SAINT » :</strong></p><p>Esther est née un 4 avril comme Jeff, mais douze ans plus tard. La vie va les rapprocher… d’une façon incongrue et extrême.</p><p>À la première page de l’histoire Jeff est chef de service de l’institut médico-légal du Quai de la Rapée. Il est à la veille de la retraire. C’est fort peu dire que son adolescence a été compliquée.</p><p>Après un doctorat en anthropologie du droit, Esther devient commissaire de police à 28 ans. Elle en a 38 quand on confie à son équipe le dossier du « violeur du Vendredi Saint ». Elle en a 49 à la première page de l’histoire.</p><p>Esther et son équipe progressent plus rapidement que leurs prédécesseurs dans ce dossier ouvert depuis 45 ans. Elle côtoie régulièrement Jeff dans le cadre professionnel.</p><p>Jeff de son côté n’a manqué aucun de ses rendez-vous du Vendredi Saint.</p><p>Un jour, par la force des choses, un grain de sable interfère dans ces mécaniques parallèles…</p><p>                                                         *******</p><p>LIRE LES PREMIERES PAGES :</p><p>ANDANTE</p><p>Esther était sur un vol de la Lufthansa pour Copenhague. La durée prévue du trajet n’était que d’une heure et dix minutes, mais elle avait pourtant ouvert son dossier sur la tablette pliante, devant elle. La place qui la séparait de l’allée était vide. Elle s’était calée contre le hublot.</p><p>Le corps avait été retrouvé dans un des locaux d’entretien d’un ferry pour Göteborg à son arrivée à destination le samedi matin. Fouet, sodomie, traces de scopolamine dans le sang… Aucune signature génétique cohérente. Plusieurs traces ADN de tiers avaient été relevées sur la scène de crime, mais elles pouvaient avoir été laissées là par n’importe qui et pour n’importe quoi.</p><p>Ce local technique à disposition de l’équipage n’était jamais fermé à clef et était accessible à n’importe quel passager en vadrouille sous le pont shelter du ferry. Cependant, parmi les traces d’ADN relevées dans le réduit, il y en avait bien une identique à celles qu’on avait retrouvées sur toutes les scènes de crime précédentes, un peu partout en Europe, mais toujours à la veille du week-end pascal. Pas trace de coup violent, encore moins de sang, mort par rupture des vertèbres cervicales. Bref, c’était signé et contresigné par la cible d’Esther, « l’ombre du Vendredi saint » !</p><p>Certes, le légiste danois ne situait la mort qu’entre deux et quatre heures du matin, le samedi 16 avril 2014, du coup. Mais ça, c’était habituel ; le tueur du Vendredi saint officiait dans la nuit du vendredi au samedi de chaque week-end pascal.</p><p>Esther avait reçu toutes ces données la veille à son bureau parisien et les avait déjà incorporées à l’épais dossier qu’elle ressortait chaque printemps, mais pas seulement. Car si des faits quasiment identiques revenaient vers la mi-avril chaque année, les intuitions d’Esther pouvaient tomber n’importe quand, 14 juillet et 11 novembre compris !</p><p>Le tueur n’était pas le détraqué sexuel décérébré dont les gazettes ressortaient le même portrait simpliste chaque année, quelques jours après Pâques. C’était plus probablement un schizophrène d’une intelligence redoutable, qui procédait suivant un rituel religieux avec une méticulosité frappante, tout à fait hors de portée d’un simple déséquilibré. Lui avait sans doute au contraire une sexualité banale, possiblement homosexuelle comme Esther et sa copine ; ce qui ne fait pas d’Odile et elle, des « détraquées ». L’expression l’avait encore fait rire la veille quand elle l’avait retrouvée, pour la énième fois pourtant, dans un des titres parisiens les plus vendus, où le terme apparaissait avec une régularité de pendule…</p><p>Certes, elles n’y allaient pas toujours avec le dos de la cuillère, Odile et elle, quand ça leur prenait ! Mais elles ne faisaient de tort à personne et ça ne faisait toujours pas d’elles des « détraquées » pour autant !</p><p>Sa cible non plus ne faisait probablement de tort à personne en dehors du week-end pascal. Il immolait une vierge chaque année, comme ça s’était pratiqué dans tant de civilisations avec l’accord et le soutien de la communauté entière. Ces prêtres non plus n’étaient pas nécessairement des sadiques. Ils officiaient, perpétuaient un rite dans le respect de leurs textes sacrés et le fait pour certains d’avoir à balancer une vierge aux crocodiles du fleuve ne faisait toujours pas d’eux des détraqués. Ou alors il fallait considérer leur communauté tout entière comme autant de détraqués ! Et si c’était le cas, la question restait de savoir si elle était plus ou moins détraquée que la nôtre, et pourquoi ? Des sadiques, il y en avait, bien sûr, forcément eu dans le tas, c’était inévitable. Mais presque certainement dans la très juste proportion de « détraqués » présente dans n’importe quelle société humaine… Certainement bien inférieure à celle des prêtres pédophiles, rapportée à la masse du clergé catholique d’aujourd’hui ! Et Esther s’était laissée aller à rire de nouveau, histoire de se détendre, car la descente vers Copenhague s’amorçait déjà.</p><p>Elle avait clairement établi que sa cible n’avait rien du sadique sanguinaire justement, qu’il ne cherchait d’ailleurs nullement à faire souffrir ses victimes. Il interrompait le rite dès la première trace de sang − avant même, le plus souvent − et faisait violer l’immolée par une tierce personne. Il n’y avait jamais de véritable trace de coup ni la moindre lésion interne, encore moins de traces de torture. Juste ces vertèbres cervicales brisées exactement au même endroit, entre la cinquième et la sixième. Esther s’était renseignée. Cette prise de jiu-jitsu <em>, Atama mawasai</em>, n’était douloureuse que quand elle était simulée en combat sous forme de clef d’immobilisation. Le combattant frappait alors le tatami du plat de la main pour arrêter le combat, acceptant du même coup sa défaite. Quand il était conduit dans l’élan jusqu’à son terme, le mouvement durait le temps d’un éclair et l’anesthésie était totale et instantanée, « <em>crash stop</em> » du système nerveux. Même si la mort cérébrale pouvait ne survenir qu’après quelques secondes, quelques minutes au maximum.</p><p>Tout ça était inscrit sur la première page d’un petit carnet vert pomme, qu’elle consultait en fait beaucoup plus souvent que le dossier :</p><p><em>« Anus toujours forcé, mais aucune lésion relevée à ce niveau. Jamais. Le sexe, lui, n’est jamais effleuré/juste ces punitions rituelles, semblables chaque fois, sous forme de solides fessées, monnaie courante dans les pratiques entre adultes consentants. Toujours assenées avec un objet souple − en tous cas peu agressif − lanière ou ceinture qui change d’une fois sur l’autre et fait presque toujours partie du propre habillement de la victime. Le rite s’interrompt avant le premier sang ou immédiatement après, comme si la vigilance de l’officiant s’était laissée surprendre… »</em></p><p>Àla relecture de cette première page du carnet, Esther en arrivait à cette même réflexion, complètement ahurissante : tout ça avait finalement la forme d’une simple pénitence, pas si éloignée du « vous me réciterez trois ave et deux paters » dont on écopait régulièrement dans les confessionnaux les mieux tenus… Et pourtant ces pénitences presque indulgentes avaient été suivies quarante-trois fois de meurtre…</p><p>Pour la suite, il fallait passer page deux du petit carnet vert…</p><p>Esther avait présenté le concours de commissaire de police pendant son année de thèse en anthropologie du droit. La formation de commissaire durait deux ans, stages compris. De sorte qu’à vingt-huit ans, lorsqu’on lui avait assigné un poste de commissaire adjoint à Bar-le-Duc, elle était à la fois, toute jeune commissaire et docteure en droit.</p><p>Elle en avait trente-huit quand on lui avait confié cet étrange dossier, hérité du commissaire divisionnaire Daubert, qui venait de prendre sa retraite. Le passé universitaire d’Esther avait certainement joué dans le choix qu’avaient fait ses supérieurs, mais le fait que l’allemand soit sa langue maternelle aussi. La mère d’Esther était une métisse coréenne, née à Berlin-Ouest. Elle y avait passé son enfance et son adolescence, mais était venue finir ses études à Paris, où elle avait épousé des années plus tard un diamantaire, qu’elle avait pourtant connu dès les premiers temps de sa vie parisienne.</p><p>Le dossier, dont Esther avait maintenant la charge depuis presque douze ans, avait en effet de nombreuses connexions avec l’Allemagne, mais aussi l’Autriche et la Suisse.</p><p>Loin d’être un vieux dossier poussiéreux, c’était au contraire une affaire qui revenait sur le tapis chaque week-end pascal ou quelques jours plus tard, avec chaque fois de nombreux indices à la clef.</p><p>Le principal problème du Commissaire Daubert, qui était devenu celui d’Esther, après avoir été celui de Gilles Delon, inspecteur principal au commissariat du dix-septième arrondissement, n’était pas la « pauvreté » des indices recueillis sur chaque scène de crime, mais le fait que ces indices étaient chaque année les mêmes et n’avaient jamais conduit à rien.</p><p>L’inspecteur principal Gilles Delon, adjoint du commissaire du XVIIe arrondissement de Paris, avait eu à gérer la première enquête pour viol et homicide, en lieu et place du commissaire d’arrondissement « qui n’avait pas que ça à foutre ». Mais ce n’était pas Gilles Delon qui avait été dépêché sur les lieux vers dix heures du soir dans la nuit du vendredi au samedi quatre avril 1969. Pas plus d’ailleurs que l’inspecteur de garde cette nuit-là au commissariat du XVIe arrondissement, sur lequel était pourtant administrativement située la scène de crime. Ce fut l’officier de permanence du commissariat de Neuilly sur Seine qui vint rapidement isoler la zone, tout simplement parce qu’il était le plus proche, que c’était urgent et qu’il était momentanément disponible.</p><p>Il fallait bien connaître la géographie du bois de Boulogne pour comprendre que cette apparente anomalie n’en était pas une… La scène de crime était à moins de cent mètres de l’avenue de Madrid qui était, elle, à Neuilly.</p><p>Concernant l’inspecteur principal Delon, c’est l’adresse du domicile de la jeune victime, avenue de Niel, qui lui avait valu d’écoper assez rapidement du dossier.</p><p>Ces détails purement administratifs et de peu d’intérêt ne figuraient pas dans le petit carnet vert d’Esther, qui était bien obligée de se reporter à l’épais dossier quand elle avait besoin de vérifier un détail de cet ordre.</p><p>Esther avait, pour sa part, fêté ses quatre ans en ce matin du 4 avril 1969 ! Elle venait d’en avoir quarante-neuf. On était le 20 avril 2014.</p><p>Elle avait acquis plusieurs certitudes au cours de ces onze années et elle en aurait une nouvelle en revenant de Copenhague. Une hypothèse encore, qu’elle ne partagerait qu’avec son adjoint, le Commandant Mirabelle. Une hypothèse qui aurait le mérite d’en valider d’autres… Et surtout, que le calendrier du « tueur du Vendredi saint » confirmerait un jour… Par l’absurde…</p><!--kg-card-begin: html--><!-- ### Begin BoD ShopWidget -->
<div id="bodShopWidget_3773426_ebook" class="bodShopWidget"></div><script type="text/javascript">if(typeof checkLibExist == "undefined"){var script = document.createElement("script");script.src ="//www.bod.fr/public/js/bod/v1.1/shopWidget.min.js";script.type = "text/javascript";document.head.appendChild(script);var checkLibExist = true;}if(typeof books === "undefined") var books=[];books.push({"objID":"3773426","swKey":"9ccd2c051ee7c1fc134604be105baf61","type":"ebook","size":"medium","font":"nonSerif","shadow":false,"contour":true,"coverContour":true,"fontColor":"#212529","contourColor":"#212529","shadowBtn":false,"contourBtn":true,"bgColor":"#fff","btnFontColor":"#fff","btnColor":"#fd6041","btnContourColor":"#fd6041","shop":"fr","mandantShopUrl":"https://librairie.bod.fr","lang":"fr"});</script>
<!-- ### End BoD ShopWidget --><!--kg-card-end: html-->]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[" Au bout du monde " (roman)]]></title><description><![CDATA[Cap'tain Philip , son père et son grand-père]]></description><link>https://captainphilip.fr/au-bout-du-monde/</link><guid isPermaLink="false">62765fba63cf4f7c602f303a</guid><category><![CDATA[Traboule]]></category><dc:creator><![CDATA[Philip ELLE]]></dc:creator><pubDate>Fri, 17 Jun 2022 18:03:01 GMT</pubDate><media:content url="https://captainphilip.fr/content/images/2022/09/au-bout-du-monde-1ere-de-couv--3-.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<figure class="kg-card kg-image-card"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/09/au-bout-du-monde-captain-cOUV-REDIM-OK3.jpg" class="kg-image" alt="" Au bout du monde " (roman)" srcset="https://captainphilip.fr/content/images/size/w600/2022/09/au-bout-du-monde-captain-cOUV-REDIM-OK3.jpg 600w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w1000/2022/09/au-bout-du-monde-captain-cOUV-REDIM-OK3.jpg 1000w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w1600/2022/09/au-bout-du-monde-captain-cOUV-REDIM-OK3.jpg 1600w, https://captainphilip.fr/content/images/size/w2400/2022/09/au-bout-du-monde-captain-cOUV-REDIM-OK3.jpg 2400w" sizes="(min-width: 720px) 720px"></figure><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/09/au-bout-du-monde-1ere-de-couv--3-.jpg" alt="" Au bout du monde " (roman)"><p><strong>Auteur :</strong>  Cap'tain Philip </p><p><strong>Sortie :</strong>  en septembre 2021 aux éditions Traboule (184 pages) </p><p>Une nouvelle édition est sortie chez BoD en mai 2022 (224 pages)</p><p>disponible en version brochée et en e.book</p><h3 id="pour-commander-sur-amazon-cliquer-le-lien-ci-dessous-">pour commander sur amazon cliquer le lien ci-dessous :</h3><figure class="kg-card kg-bookmark-card"><a class="kg-bookmark-container" href="https://www.amazon.fr/Au-Bout-Monde-Captain-Philip/dp/2957925508"><div class="kg-bookmark-content"><div class="kg-bookmark-title">Amazon.fr - Au Bout du Monde - Philip, Cap’tain Philip, Traboule, Éditions - Livres</div><div class="kg-bookmark-description">Noté . Au Bout du Monde - Philip, Cap’tain Philip, Traboule, Éditions et des millions de romans en livraison rapide</div><div class="kg-bookmark-metadata"><span class="kg-bookmark-author">Livres</span><span class="kg-bookmark-publisher">Cap’tain Philip Philip</span></div></div><div class="kg-bookmark-thumbnail"><img src="https://fls-eu.amazon.fr/1/batch/1/OP/A13V1IB3VIYZZH:523-9861672-3673947:EYH0FSPBPMT66FVJA3YE$uedata&#x3D;s:%2Frd%2Fuedata%3Fstaticb%26id%3DEYH0FSPBPMT66FVJA3YE:0" alt="" Au bout du monde " (roman)"></div></a></figure><p></p><h3 id="pour-commander-la-librairie-bod-">pour commander à la librairie BoD :</h3><p>cliquer le bandeau orange ci-dessous (en bas)</p><!--kg-card-begin: html--><!-- ### Begin BoD ShopWidget -->
<div id="bodShopWidget_3752533_print" class="bodShopWidget"></div><script type="text/javascript">if(typeof checkLibExist == "undefined"){var script = document.createElement("script");script.src ="//www.bod.fr/public/js/bod/v1.1/shopWidget.min.js";script.type = "text/javascript";document.head.appendChild(script);var checkLibExist = true;}if(typeof books === "undefined") var books=[];books.push({"objID":"3752533","swKey":"17c1740b80a073fd59db94491785f4b4","type":"print","size":"medium","font":"nonSerif","shadow":false,"contour":true,"coverContour":true,"fontColor":"#212529","contourColor":"#212529","shadowBtn":false,"contourBtn":true,"bgColor":"#fff","btnFontColor":"#fff","btnColor":"#fd6041","btnContourColor":"#fd6041","shop":"fr","mandantShopUrl":"https://librairie.bod.fr","lang":"fr"});</script>
<!-- ### End BoD ShopWidget --><!--kg-card-end: html--><p></p><p></p><h3 id="pour-commander-sur-le-site-des-magasins-fnac-">pour commander sur le site des magasins FNAC : </h3><p><a href="https://www.fnac.com/a17227967/Cap-Tain-Philip-Au-Bout-du-Monde">https://www.fnac.com/a17227967/Cap-Tain-Philip-Au-Bout-du-Monde</a></p><p></p><h3 id="pour-commander-un-autre-titre-des-editions-traboule-">pour commander un autre titre des editions traboule :</h3><p>via le lien : <em><em><em><em><strong><strong><strong><strong><a href="https://www.fnac.com/e595934/Traboule">https://www.fnac.com/e595934/Traboule</a></strong></strong></strong></strong></em></em></em></em></p><p>                                                                </p><p>                                                                      ******</p><p></p><p>Cap'tain Philip a été écolier, puisqu'il fallait bien en passer par là ! " Le bout du monde " pour lui, à cette époque, n'était encore que le bar de Marie Louise en bas de son immeuble...</p><p>                                                                   ******</p><p><strong>Synopsis « AU BOUT DU MONDE » :</strong></p><p>1958,  j ai 7 ans en banlieue parisienne et je découvre les cicatrices de l’après-guerre.</p><p>Mon terrain de jeu,  ce sont les rues de Bécon les Bruyères, l’escalier de mon immeuble, la vie présente et passée de mes voisins ... Dans ce monde si mystérieux des adultes, mon grand père est un guide espiègle et attentif.</p><p>                                                                 ******</p><p>LIRE LES PREMMIERES PAGES :</p><p>Je suis né à la veille d’un été torride, celui de 1952 et on m'a prénommé Philippe (le maréchal était mort en prison l’année précédente, n’y voyons là qu’une coïncidence), Thierry, comme un grand-frère, qui n’a vécu que quelques mois, René enfin comme mon parrain, qui était ingénieur aux chemins de fer et incidemment comme mon père.</p><p>Mon grand-père, lui, se prénommait André. Il m’a appris l’allemand et les échecs. Il est mort quand je venais d’avoir huit ans. Mais il a longtemps marché à mes côtés pendant que le monde changeait autour de nous.</p><p>Papa et sa grande sœur, Suzy étaient déjà nés quand mon grand-père a été blessé dans les tranchées pendant la grande vorace. Peu après, ma grand-mère est partie avec un aviateur fraîchement décoré pour avoir mitraillé les pauvres types d’en face depuis son biplan.</p><p>Suzy était très belle. Je ne le sais que par de vieilles photos, sur lesquelles on la voit jouer avec Géry, son petit garçon et mon frère ainé sur la plage du Lavandou en 1942, l’année où elle est entrée dans la résistance.</p><p>Elle a été arrêtée et exécutée l’année suivante en Italie. C’est donc mon grand-père qui, après avoir élevé seul Papa et Suzy, a élevé son petit-fils Gery dans un modeste appartement de la rue Danton à Levallois-Perret, à deux pas de la porte Champerret.</p><p>Par les hasards successifs propres au conflit qui embrasait alors le monde entier, Papa s’est retrouvé pompier dans le XVIIe arrondissement de Paris. Toujours à deux pas, donc, de cette rue Danton, et bientôt sans logement, lorsque, un beau matin, l’immeuble, où il avait installé sa petite famille de l’autre côté de la Seine, tout près de la gare de Bécon-les-Bruyères, fut éventré par une bombe américaine.</p><p>Alors que s’achève l’année 1943, les voilà donc tous les trois, grand-père, fils et petit-fils, un peu à l’étroit, trois étages au-dessus de la boucherie chevaline du 29 rue Danton à Levallois-Perret. D’autant plus à l’étroit que le grand-père est compositeur et que par contrecoup, le petit appartement est encombré d’instruments de musique de toutes sortes…</p><p>Maman et mes aînés étaient heureusement réfugiés dans la cave pendant le bombardement, qui a réduit le foyer en poussière. Ils sont alors partis s’installer à la campagne chez mes autres grands-parents… Le temps que « ça se calme »...</p><p>Mais, comme on le sait, ça mettra encore deux ans à se calmer. Par chance, la campagne en question était celle d’Alençon, l’une des premières qui sera libérée !</p><p>Papa faisait l’aller-retour en vélo quand il avait une permission. Paris Alençon, ça fait un bout en vélo ! Il emmenait néanmoins son neveu Gery sur le porte-bagage car, longtemps avant d’être pompier, il avait été orphelin lui aussi… Orphelin d’une mère partie vers d’autres amours… Orphelin néanmoins. Et du coup pensionnaire à droite, à gauche et finalement dans un très bon lycée parisien.</p><p>Là, il arriva que Jaco, son meilleur ami, étant fils de marin au long cours, Papa suivit Jaco à l’école d’hydrographie. École dont ils sortirent tous deux avec le magnifique brevet de « capitaine au long cours » quelques années plus tard. Bien sûr aucun armateur n’a jamais confié le commandement d’un de ses navires à un tout jeune homme sortant de l’école, même aussi magnifiquement estampillé ! Restait donc à faire ses classes…</p><p>L’heure du service militaire étant venue, ils se portèrent tous deux volontaires pour les sous-marins et firent leur temps comme enseignes sur la base de Bizerte, avant de commencer à parcourir les mers du monde sous le fier pavillon de la compagnie des Messageries Maritimes. C’est ainsi, presque à leur insu, qu’entretemps l’Espagne fut déchirée par la guerre civile, l’Italie écrasée sous la botte fasciste, tandis que l’Allemagne nazie dictait sa loi à ses voisins d’Europe centrale… Et qu’en France, les années et les gouvernements passaient...</p><p>Mais voilà qu’après maintes dérobades, la France et l’Angleterre se décident finalement à déclarer la guerre à l’Allemagne. Papa est aux antipodes sur un petit cargo mixte, qui assure la liaison entre les îles françaises du Pacifique et l’allié anglais, ou plus exactement son condominium australien.</p><p>Au cours de ses précédents congés, il a prestement épousé une jeune fille de bonne famille, qui est aussi la meilleure amie de la fiancée de Jaco, et l’a tout aussi prestement ramenée sous les tropiques calédoniens, où mon grand frère est né dans la foulée…</p><p>En métropole c’est la « drôle de guerre »… Et bientôt l’armistice, aussitôt suivie de l’appel du « grand Charles ». D’allié, le condominium britannique devient ennemi et voilà Papa et sa petite famille embarqués dans une sale histoire où les équipages des navires français s’écharpent ; « loyalistes » versus « gaullistes ». S’ensuivent pour Papa, arrêts de rigueur, internement en Australie, fuite vers l’Indochine… La petite famille voit du pays ! Apprend à se débrouiller par voie de conséquence…</p><p>De fuyard en mer de Chine, à pompier porte Champerret, il y a eu forcément du gros temps à traverser ! Mais je n’étais pas encore là pour m’en faire une idée… Ma grande sœur, elle, faillit bien naître sur le bateau qui ramenait la famille à Marseille après ces pérégrinations de fortunes diverses, au pire d’une énorme tempête au large du cap de Bonne Espérance. Mais la nature étant bien faite, elle patienta jusqu’à l’arrivée à Marseille…</p><p>Marseille où tout avait commencé justement, trois ans plus tôt, un matin de décembre 1938. Ce matin-là, Maman avait sorti d’un tiroir de la lourde malle bleue, que deux matelots venaient juste d’apporter dans la cabine, le cahier tout neuf où elle n’avait encore écrit qu’un titre : « <em>Carnet de voyage</em> ». La couverture toilée du petit cahier était sans doute robuste puisqu’elle a survécu aux tempêtes, bombardements et déménagements divers des soixante dernières années.</p><p>******</p><!--kg-card-begin: html--><!-- ### Begin BoD ShopWidget -->
<div id="bodShopWidget_3752533_ebook" class="bodShopWidget"></div><script type="text/javascript">if(typeof checkLibExist == "undefined"){var script = document.createElement("script");script.src ="//www.bod.fr/public/js/bod/v1.1/shopWidget.min.js";script.type = "text/javascript";document.head.appendChild(script);var checkLibExist = true;}if(typeof books === "undefined") var books=[];books.push({"objID":"3752533","swKey":"17c1740b80a073fd59db94491785f4b4","type":"ebook","size":"medium","font":"nonSerif","shadow":false,"contour":true,"coverContour":true,"fontColor":"#212529","contourColor":"#212529","shadowBtn":false,"contourBtn":true,"bgColor":"#fff","btnFontColor":"#fff","btnColor":"#fd6041","btnContourColor":"#fd6041","shop":"fr","mandantShopUrl":"https://librairie.bod.fr","lang":"fr"});</script>
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<!-- ### End BoD ShopWidget --><!--kg-card-end: html--><p></p><p></p><h3 id="pour-commander-sur-le-site-des-magasins-fnac-">pour commander sur le site des magasins FNAC :</h3><h3 id="-broch-">(Broché) :</h3><p><a href="https://www.fnac.com/a17227968/Cap-Tain-Philip-Rue-de-la-femme-morte">Rue de la femme morte - broché - Cap'Tain Philip, Marie Totévi - Achat Livre | fnac</a> </p><p></p><p>pour commander un autre titre des editions traboule :</p><p> <em><em><em><em><strong><strong><strong><strong><a href="https://www.fnac.com/e595934/Traboule">https://www.fnac.com/e595934/Traboule</a></strong></strong></strong></strong></em></em></em></em></p><p></p><p>                                                                   ******</p><p>Pas d'histoires de bateaux cette fois, ou peu et relativement confortables sur des cargos de 8300 tonnes minimum, ce qui réduit significativement roulis autant que tangage... Forcément moins dans les tempêtes desquelles mon capitaine n'est pas plus à l'abri qu'un autre...</p><p>                                                                   ******</p><p><strong>Synopsis Rue de la femme morte :</strong></p><p>Jeff, ancien marin de commerce, assiste sans pouvoir intervenir au suicide d’un travesti qu’il connaît de longue date. La situation lui paraît tellement inextricable qu’il préfère prendre le large avant que la police ne s'intéresse à lui. C'est donc chez sa femme, Esther que l'on s'attend à voir débarquer les enquêteurs. C'est pourtant un autre personnage qui frappe à la porte d'Esther, providentiel. À la fois troublée et intriguée par cette rencontre, la jeune femme parviendra à collecter suffisamment d'éléments pour remonter le courant de la vie de Jeff qu'elle croyait pourtant connaître aussi bien qu'elle-même.</p><p>Et comme un malheur n’arrive jamais seul, au cours de sa cavale, Jeff se trouve mêlé à une autre disparition sordide. Il est cette fois aspiré dans une spirale de violence dont les instigateurs ne sortiront pas indemnes.</p><p>                                                                  ******</p><p><strong>LIRE LES PREMIERES PAGES :</strong></p><h5 id="ahmed"><strong>AHMED</strong></h5><p><br>Hyères, lundi 2 décembre 1982 – 06h 45 –</p><p>Ahmed progresse péniblement contre le vent. Sa tête est serrée dans la capuche d’un parka kaki. Il n’est plus loin de sept heures, mais l’aube n’est pas encore là. Le pédalier de sa vieille mobylette, dont le moteur a rendu l’âme quelques jours plus tôt, grince sauvagement.</p><p>Il arrive au transformateur, tourne à droite entre deux fossés qu’il sait profonds sous l’enchevêtrement de ronces. Tous les jours, sauf le dimanche, depuis des années, Ahmed emprunte le même chemin jusqu’à l’exploitation horticole de ses patrons.</p><p>La lune est pleine, orangée, comme injectée de sang, tel un gros œil fatigué. Déformée par l’humidité qui stagne au sol, elle s’empale pesamment sur la silhouette massive d’un tronc centenaire fendu par la foudre. Certaines des serres éparses de chaque côté de la route reflètent ses rayons rasants. Ahmed regarde machinalement par terre, car sa roue avant vient de rouler sur un objet mou. C’est un portefeuille sombre. Il s’arrête, le ramasse et le glisse dans l’une des poches de son parka.</p><p>À l’approche de l’arbre mort, il distingue une forme blanche au-delà du talus hirsute. Sans doute un sac d’engrais vide parmi les centaines qui traînent autour des serres. Après le vieux tronc, comme chaque fois que le mistral souffle, des grincements déchirants font soudain écho à ceux de son pédalier fatigué. La chaîne enroulée autour d’une grosse serrure hors d’usage n’empêche pas les deux battants d’un vieux portail rouillé, envahi par le lierre, de jouer sur leurs gonds.</p><p>Ahmed arrête de pédaler, met pied à terre, écoute. Il pose son engin contre cette grille qu’il n’a jamais vue ouverte, puis revient à pied jusqu’à l’arbre mort. Un sac vide coincé là aurait battu au vent d’un claquement sec, caractéristique, qu’Ahmed qui en a manipulé des milliers reconnaîtrait entre cent autres bruits.</p><p>Avant même de sauter le fossé, Ahmed a compris que ce n’est pas un sac, même plein... Il avance de quelques pas, hésite à faire les deux derniers qui lui permettraient de voir le visage de la femme... S’enfuit en courant, ressaute le fossé, force l’allure jusqu’à sa mobylette, l’enfourche et pédale sans s’arrêter jusqu’au portail de ses patrons, au-delà du passage à niveau.</p><p>Son pouls a d’abord battu très vite sans qu’aucune image autre que celle de cette forme allongée, représentée à l’infini sous des angles divers comme dans des jeux de glaces, ne parvienne pleinement à sa conscience. Ensuite, avec le calme, d’autres images sont venues… Celle du blouson blanc, de la minijupe en peau et des bas clairs découpant une silhouette mince dans la nuit ; puis cette même silhouette courant maladroitement le long du talus, trébuchant à chaque pas sur ses bottines à hauts talons dans la lumière des phares qui remontent lentement vers elle. Celle encore de la forme blanche jetée à terre par un homme, deux, plusieurs ? Bâillonnée, puis violée ou au contraire déjà morte et balancée derrière le talus comme le vulgaire sac qu’il avait cru apercevoir d’abord… Série de flashs qui se bousculent sans cohérence depuis son court arrêt sous l’arbre mort qu'il a déjà décidé de garder pour lui…</p><p>Vers midi, alors qu’il revient ranger ses outils dans l’atelier, Ahmed entend son patron et Gilles Léotard, un voisin, commenter avec animation la découverte du cadavre contre une serre de ce dernier. Ahmed s’approche pour saluer Léotard, écoute un instant, puis se dirige vers le hangar où il remise chaque jour sa mobylette.</p><p>Ahmed n’a pas changé d’avis. Il n’a pas parlé de son court arrêt près du vieux tronc et si aucune circonstance ne l’y oblige, il n’en parlera pas. C’est un autre maghrébin employé par Léotard qui a découvert le corps vers huit heures du matin.</p><p>Alors qu’il pousse son vieux clou vers la porte, Ahmed saisit encore quelques bribes de phrases... « elle avait vraiment une drôle de touche, le genre pute, mais plutôt classe... Elle n’avait qu’une petite blessure au-dessus de l’oreille qui n’avait pas beaucoup saigné... J’ai entendu les flics dire que c’était un travelo. Apparemment, ils n’ont trouvé aucun papier sur lui ! »</p><p>Ahmed ne sort le portefeuille que lorsqu’il se sent à l’abri dans le petit logement qu’il partage avec un cousin à la Moutonne. Il en extrait six cents francs, quelques milliers de lires, d’autres billets qu’il ne connaît pas et des papiers d’identité. Son regard s’attarde sur l’adresse dans le vieux Hyères, puis sur le permis de conduire délivré à Fort-de-France quatre ans plus tôt...</p><p>C’est celui de Jeff.</p><p>******</p><p><strong>JEFF</strong></p><p><em>Dix-huit jours plus tard… Bruxelles, vendredi 20 décembre – 01H45 –</em></p><p>Jeff est assis au volant d’une Ford Sierra bleu nuit. La voiture stationne en face du restaurant dont le petit teigneux, gérant du « SCOTCH », un bar de nuit de Boulogne, a fini par lui lâcher le nom la veille au soir, à Paris. Une partie des lumières vient de s’éteindre à l’intérieur de l’établissement. Jeff baisse à moitié sa vitre. Deux types sortent. Leur conversation semble assez animée. Ils parlent flamand. Jeff reconnaît aussitôt l’édenté qui achève de sangler la ceinture d’une gabardine claire en descendant du trottoir. Pour l’autre, Jeff a un doute… Plus trapu, col relevé et chapeau rabattu, celui-là s’éloigne aussitôt vers une voiture en stationnement.</p><p>Ils étaient trois, accoudés au zinc du Noctambule, rue du Temple, au cœur du marais, lorsqu’il s’y était abrité avec Pascal onze nuits plus tôt… L’édenté, là, dans sa ligne de mire, le ricaneur, plus baraqué, qui pourrait bien être ce type qui vient de sortir du restaurant avec l’édenté ; enfin le petit teigneux qui l’a mis sur la piste des deux premiers la veille.</p><p>Pourtant l’inconnu qui déverrouille la portière d’une Rover bordeaux lui paraît sensiblement plus grand que le ricaneur… Ou n’est-ce qu’une impression liée au lourd pardessus ?</p><p>L’édenté s’est avancé sur la chaussée pour héler un taxi. Jeff décide de commencer par lui. Celui-là doit payer cher et vite…</p><p>                                                                  ******<strong>                                            </strong></p><!--kg-card-begin: html--><!-- ### Begin BoD ShopWidget -->
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Géraldine, Etienne, le patron et moi.</p><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/equipage-taravao-5--Small-.jpg" class="kg-image" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></figure><p>On est de retour de Manihi, si vous vous rappelez, quasiment dans les temps puisque c'est demain matin qu'Yvan, le grutier de la marina de Taravao me sort de l'eau pour que “l'expert” puisse mater mes dessous... (inspecter mes œuvres vives en termes d'expert).</p><p>Globalement ça se passe pas si mal que ça. Le gars trouve forcement quelques trucs à objecter par-ci, par-là... Forcement faut bien qu'il vende son baratin, le gars, non ? Que Yann, mon futur patron ait au moins l'impression d'en avoir pour son pognon !</p><p>Finalement au lieu de me remettre à l'eau dans la foulée, une fois que l'expert a fait son petit tour et son petit baratin, Yvan accepte de me laisser sur la remorque jusqu'au lendemain matin, puisqu'il ferme sa boutique pour les fêtes le lendemain midi et qu'il n'a pas d'autre bateau à tirer. Du coup c'est le branle-bas... Yann, mon futur patron, donc, mobilise large, sa femme, sa fille, son fils et file avec Tonton chez le shipchandler acheter une grosse moque d'antifouling pendant que les acolytes d'Yvan passe le karcher. De leur côté Géraldine et Etienne se mettent en tenue de peintre... Et c'est parti jusqu'à la nuit ! Ça grouille de l'avant à l'arrière de mes coques et de mes quillons...</p><p>Du coup le lendemain repos. Mais le surlendemain c'est le départ ! Figurez-vous que pour Yann c'est le baptême... Je suis son premier voilier ! On part du coup pour une semaine de formation express, Yann, Tonton et Géraldine puisqu'Etienne, lui, prend l'avion le lendemain pour fêter Noël avec sa chérie en Bretagne.</p><p>Le plan de Tonton c'est d'aller jusqu'à Maupiti, la plus à l'ouest et aussi la plus petite des îles sous le vent. Depuis le temps qu'il m'en parle de Maupiti Tonton, vous pensez bien que je m'y attendais...</p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/carte-iles-ss-le-vent-anot--2-.jpg" class="kg-image" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"><figcaption>De Tahiti aux îles sous le vent</figcaption></figure><p>Pas mal de zef au départ le long de la barrière de Tahiti nui qu'on doit longer sur une quinzaine de milles, mais je suis au portant pas de soucis. Pas mal de manœuvres aussi, histoire de former mon nouveau patron puisque somme toute on est là pour ça !</p><p>Une fois au large, le vent tombe à une douzaine de nœuds et évidemment au portant c'est plus que juste pour filer bon train... Du coup, le vieux doit revoir ses prétentions à la baisse ! On ne pourra pas aller tourner la perche à Maupiti comme il en rêvait, Il faudra se contenter de Raiatea et Tahaa...</p><p>Bon, c'est déjà une belle ballade ! D'autant que les îles sous le vent, nous, on connaît pas encore le patron et moi !</p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/ATERR.-RAHIA-1--Small-.jpeg" class="kg-image" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"><figcaption>Raiatea</figcaption></figure><p>C'est donc le lendemain dans l'après-midi qu'on se présente devant la passe Est de Raiatea... Bon Raiatea, c'est pas aussi "coté" que Bora-Bora, mais quand même... C'est "fléché" ! Donc la passe franchie, je suis sensé "virer" à droite vers le mouillage conseillé aux yachts... Je vire donc...</p><p>Je me faufile ensuite entre les bouées rouges et vertes... "tricot vert et bas si rouge". Si ça vous dit trop rien, mieux vaut continuer à boire l'apéro à quai... ça vous évitera de vous foutre au sec comme mon capitaine à Rodrigues, le jour où il est sorti de l'hosto avec une méchante piquouse de calmant dans le derrière ! Mais je vous ai déjà raconté ( épisode 16) ! Bon toujours est-il qu'on se retrouve à longer une marina tirée à quatre épingles... Je longe donc , mais c'est pour me retrouver devant un autre "fléchage" qui conduit vers un "parking" vert émeraude où sont stationnés au cordeau une douzaine de multicoques estampillés "dream yacht"...</p><p>Demi-tour ! Et sans traîner, vous imaginez bien ! Je redescends donc le lagon vers le sud à la recherche d'un truc qu'on finit par trouver sous la forme d'une profonde échancrure dans le relief de l'île. Comme dans un fjord, je m'enfonce entre deux versants abrupts, couverts de cette végétation généreuse et sauvage avec seulement quelques maisons de pêcheurs au bord de l'eau de place en place.</p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/09/raiteha-redim-1.jpeg" class="kg-image" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"><figcaption>entrée baie de Fararoa / Raiatea</figcaption></figure><p>J'ai beau m'avancer, un mille, deux milles, trois milles, j'ai toujours plus de 30 mètres sous mes quillons...</p><p>On arrive enfin au fond de cet abri atypique et il faut que le vieux m'avance prudemment jusqu'à moins de 100 mètres du bord pour trouver un fond d'une douzaine de mètres pour mouiller ma pioche.</p><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/01/MOUIL.-RAHIA-1.jpeg" width="2592" height="1936" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/01/MOUIL.-RAHIA-2.jpeg" width="2592" height="1936" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/01/MOUIL.-RAHIA-3.jpeg" width="2592" height="1936" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div></div></div><figcaption>baie de Fararoa / Raiatea</figcaption></figure><p>Le guide de Géraldine dit que la rivière qui se jette là peut se remonter en annexe jusqu'à un "magnifique" jardin botanique...</p><p>La tentation est forte ! En plus, il est à peine plus de 16 h... Voilà donc mes deux patrons partis à l'aventure... Ils ont déjà disparu dans la première boucle de la rivière aux yeux de Géraldine qui a préféré rester à bord. Très mauvais choix d'après les deux compères qui sont revenus très enthousiastes à la tombée de la nuit...</p><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/RIV.-1--Small-.jpeg" width="643" height="480" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/RIV.-2--Small-.jpeg" width="643" height="480" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/RIV.3--Small-.jpeg" width="643" height="480" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div></div><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/RIV.4--Small-.jpeg" width="643" height="480" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/RIV.5--Small-.jpeg" width="643" height="480" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/RIV.6--Small-.jpeg" width="643" height="480" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div></div></div><figcaption>"rivière indienne"</figcaption></figure><p>Ils n'ont pas vu le jardin botanique mais au beau milieu de la rivière, ils ont rencontré André... Cette rivière, ils nous la décrivent par le menu... La rivière indienne, à les entendre ! Elle méandre à qui mieux mieux sous les bambous couchés sur l'eau, les frondaisons enchevêtrées et les entrelacs de lianes...</p><p>Ce qu'il en a dit, André, du jardin botanique : " Bah, y'a que des fleurs ".</p><p>Évidemment, il faut un peu mieux connaître André pour apprécier ce jugement à l'emporte-pièce à sa juste valeur...</p><p>Donc, la pirogue d'André était au bord de la rivière amarrée à un cocotier penché sur l'eau. André occupé à la remplir de cocos, a cependant interpellé les patrons. Il allait les guider jusqu'à sa bananeraie en amont...</p><p>C'était assez loin en amont en effet et le guide n'était pas de trop, en particulier à cause des longues branches qui s'avançaient traitreusement sous la surface jusqu'au milieu de la rivière...</p><p>Arrivés à bon port, la visite a commencé... En fait de bananeraie, le domaine d'André, c'est un immense verger de plusieurs hectares mais pas que...</p><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/ANDRE---PH--Mobile-.jpeg" width="428" height="320" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/ANDRE---YANN--Mobile-.jpeg" width="428" height="320" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div></div></div><figcaption>cap'tain Philip &amp; André // Yann &amp; André</figcaption></figure><p>Au départ, André nous a présenté le totem géant confectionné par l'équipe de Ko Lanta... Eh oui , vous avez bien lu ! Les producteurs de la célèbre émission de télé-réalité ont été inspirés par l'endroit et y ont passé deux semaines il y a quelques années ! </p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/TOTEM-ANDRE--2---Mobile-.jpeg" class="kg-image" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"><figcaption>totem ko Lanta</figcaption></figure><p>André a créé le totem et l'immense table en bois où mangeait toute l'équipe. Loin de dormir sur ses lauriers ko-lantais, André cultive à tout va à peu près tout ce qui se mange sous les tropiques... légumes et fruits confondus ! Côté fruits, bananes de toutes espèces, papayes, jamblons, goyaves, corossols, arbre à cacao, caféier, pommes Cythère, fruits à pains, citrons, oranges, pamplemousses, mangues et avocats de variétés diverses, sans parler des longues lignes d'ananas tirées au cordeau ; côté légumes : haricots, patates douces, tarauds, courges, potiron, manioc, aubergines, tomates, petsaï et brèdes de toutes variétés... Le plus impressionnant résidant non tant dans cette variété incroyable justement, mais dans les surfaces cultivées ! Parce qu'André vit et travaille seul sur ces terrains où ses parents et Ancêtres travaillaient évidemment en famille, traditionnellement nombreuse qui plus est ! Mais André, lui, est parti très jeune à la guerre (comprenez à l'armée, là-bas en métropole) et quand il est revenu sur son île à 45 ans, il n'y avait plus personne et tout était en friche. .. </p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/totem-2--Mobile-.jpeg" class="kg-image" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"><figcaption>le " domaine d'André "</figcaption></figure><p>Au lieu de commencer par chercher femme et enfants, André s'est mis au boulot sur le champ. Seul. Sa houe, sa bêche, son sécateur, sa barre à mine et sa pirogue... Comme il était seul à exploiter les bords de la rivière indienne, il s'est même mis à exploiter le coprah. Il récolte donc les cocos tout le long de la rivière avec sa pirogue et extrait la pulpe au pied d'un gigantesque tas de noix ouvertes balancées les unes sur les autres au fil des années au pied du totem !</p><p>Seul, pas complètement donc puisqu'un beau jour, les pelleteuses sont arrivées avec une armée de jardiniers sur l'autre côté de la rivière pour "cultiver des fleurs" comme dit André en haussant les épaules...</p><p>Les voilà donc de retour les deux patrons , chargés comme des mules de lourdes papayes, volumineux avocats et régime de bananes entier... Au départ l'idée d'André, c'était de leur vendre des bananes aux patrons, mais comme ni l'un ni l'autre n'avait pris son baise en ville pour s'enfoncer dans la forêt, André a dit : oh là là, c'est pas grave ! Et il les a chargés ras la barque de sa production généreuse !</p><p>Le lendemain matin, Géraldine, passionnée de botanique est de la balade... Ils remontent cette fois la rivière jusqu'au jardin botanique qui est lui aussi magnifique et très documenté mais n'offre en effet que la variété de ses fleurs au visiteur . De ce point de vue, André a raison ! Au retour on croise heureusement la pirogue d'André en train de faire le plein de cocos un peu en aval de la veille. Les présentations de rigueur s'échangent et cette fois le vieux a son porte-monnaie dans la poche et mes trois passagers peuvent s'acquitter d'une généreuse obole en retour des somptueux présents de la veille.</p><p>La nuit s'écoule dans une quiétude inégalable jusqu'à l'heure du café. Puis c'est l'heure de lever l'ancre pour Tahaa... Curieusement, Raiatea et Tahaa sont dans un même lagon qui a la forme d'un diabolo. Mon capitaine choisit pourtant de  ressortir en mer par la passe la plus proche pour reprendre une passe face à la baie que nous visons sur la côte Est de Tahaa, histoire de faire quelques manœuvres en plus, j'imagine, puisque mon futur patron est justement là pour manœuvrer !</p><p>Bref, je vous passe ces détails et j'en viens au magnifique mouillage que le patron m'a trouvé... C'est au fond d'une baie étroite et profonde, comme à Raiatea, mais cette fois en face d'un petit village, Haamene.</p><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/mouil.-TAHAA-1--Small-.jpeg" width="643" height="480" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/MOUIL.-TAHAA-2--Small-.jpeg" width="643" height="480" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div></div></div><figcaption>Haamene / Raïatea</figcaption></figure><p>Une nouvelle fois, mes deux gaillards reviennent à bord sacrément enthousiastes... " C'est la Polynésie dont me parlait mon vieux quand j'étais gamin" dit l'un ; "rien n'a changé depuis que je suis venu ici, quand j'étais ado" renchérit l'autre.</p><p>De fait, la petite mairie au bord du quai est en effervescence... La moitié du village est sur la brèche pour participer aux décorations de Noël. Autant de main d'œuvre en face pour pendre les guirlandes de la criée et de la bibliothèque qui voisinent sans complexe. Tout ce beau monde a le cœur en fête et nous accueille comme les rois mages ou presque puisque nous semblons bien être les seuls visiteurs.</p><p>La nuit est à nouveau d'une quiétude magnifique au fond de cette petite baie. Ce serait vraiment l'endroit idéal pour passer un Noël mémorable au sein de cette petite communauté de gens tout simplement heureux... Moi, de mon côté, j'aurais été peinard à souhait !</p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/01/MOUILL.-TAHA-1-1.jpeg" class="kg-image" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"><figcaption>mouillage Haamene</figcaption></figure><p>Mais Yann, doit être rentré à Tahiti le 23 pour l'anniversaire de sa grande sœur.</p><p>Tôt le matin mon Capitaine et Géraldine partent à l'assaut du col qui sépare les deux bassins versants. La route redescend ensuite vers l'autre village de l'île, Harepiti.</p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/01/VILLAGE-OPPOSE-TAHAA.jpg" class="kg-image" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"><figcaption>baie d'Harepiti / Tahaa côte ouest</figcaption></figure><p> Au cours de leur ballade, pas moins de trois voitures s'arrêtent à leur hauteur sans qu'ils aient fait le moindre signe, juste histoire de leur demander s'ils n'ont pas besoin qu'on les amène à bon port.. .. Mes deux randonneurs du dimanche déclinent vaillamment, arguant qu'il leur faut quand même faire un minimum d'exercice... mais craquent sur le retour lorsqu'une quatrième voiture s'arrête ! c'est cette fois une famille entière de bons vivants et la cabine est pleine... Mais tout le monde se tasse en rigolant pour qu'ils puissent se serrer à leur tour !</p><p>À mon humble avis de vagabond, Y'a fort longtemps que personne n'a vu ça sur les terres habitées...</p><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/01/prom.-tahaa-1.jpg" width="2592" height="1936" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/01/PR--TAHAA-4.jpg" width="2592" height="1936" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/09/balade-Tahaa-conv-3.jpeg" width="592" height="442" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div></div></div><figcaption>BALADE MATINALE à sur l'île de Tahaa</figcaption></figure><p>C'est en début d'après-midi qu'on lève l'ancre à regret, dans l'idée d'arriver à peu près à la même heure le lendemain à Port Phaéton pour que Yann ait le temps de se préparer. Je vais donc vivre ma dernière nuit avec mon capitaine, à regret, là encore, je dois bien le reconnaître, même s'il n'a pas le caractère facile, le vieux ! Des fois je l'aurais bien envoyé sur les roses, figurez-vous... Et pas qu'une encore !</p><p>Eh bien, Pour notre dernière nuit ensemble, on va être sacrement gâté !!! Une vieille ligne de grains à rallonge, la même qu'on s'est tapé la veille de l'arrivée à Papeete, il y a presque un an jour pour jour. Quatre gros grains à plus de trente nœuds dans la nuit ! Ça, des manœuvres, il en aura fait le plein Yann !!! Du taillé sur mesure même, on peut presque dire !</p><p>Du coup, avec les sprints que je me suis tapé toute la nuit, on était largement dans les temps et Géraldine nous a préparé une super dinette à l'arrivée, tellement elle était contente qu'on soit au bout du bout... Définitivement cette fois !!</p><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/GER.-NOEL-1--2---Small--1.jpg" width="643" height="480" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/GER.-NOEL-2-1--Small--1.jpg" width="643" height="480" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></div></div></div><figcaption>galette des Rois à Port Phaéton</figcaption></figure><p>Donc voilà ! mon capitaine se barre pour de bon cette fois ! Dans trois jours, il est dans l'avion... Moi, l'avion, je le prendrai jamais, bien sûr ! Et franchement, je m'en porte pas plus mal.... Même la pontée d'un cargo j'en ai jamais tâté ! J'ai toujours navigué sur mes propres pattes, de mes propres ailes, si vous préférez !</p><p>Reste qu'avec le vieux on a quand même fait la guerre un bon bout d'temps ensemble... démâté deux fois , remâté deux fois, monté sur le récif deux fois, sortis de galère deux fois encore, caréné, rafistolé, vaillamment repartis je sais plus combien de fois maintenant...</p><p>Et puis pour ceux qui ont bonne mémoire rappelez-vous Malte, le port de La Valette ! Ce ne serait pas la première fois que nos vies se recroiseraient.... Alors... Á voir ! Le monde de la mer a ses secrets...Comme l'amour a les siens !</p><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/01/PH.-RIV.-1.jpeg" class="kg-image" alt="Épisode 73 : Dernière nuit avec Tonton"></figure><p>Hasta luego cap'tain!!!</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Épisode 72 : L'escale de tous les dangers]]></title><description><![CDATA[village de Paeua / lagon de Manihi ]]></description><link>https://captainphilip.fr/lescale-de-tous-les-dangers/</link><guid isPermaLink="false">61c66ab14e9290c55b7c31f5</guid><category><![CDATA[Climax by Climax]]></category><dc:creator><![CDATA[Philip ELLE]]></dc:creator><pubDate>Sat, 25 Dec 2021 00:59:15 GMT</pubDate><media:content url="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/en-tete-72--2---Small--1.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/en-tete-72--2---Small--1.jpg" alt="Épisode 72 : L'escale de tous les dangers"><p>Ça souffle plein Est, comme tous les jours que dieu fait dans son petit jardin privé des Marquises.</p><p>Seulement voilà, maintenant qu'il faut partir il souffle en Zéphyr, l'alizé. Et moi pour naviguer grand largue, c'est une bonne brise solidement établie qu'il me faut ! Surtout qu'on a un peu plus de 700 milles à courir à cette allure jusqu'à Tahiti...</p><p>Dans ces cas-là, on se concerte avec le vieux. Et là, pas photo, mon avis c'est qu'il faut attendre que l'alizé remonte à quinze nœuds pour mettre les bouts, sous peine de jongler du matin au soir et du soir au matin avec les retenues de bôme, les voiles qui claquent à contre et j'en passe !</p><p>Mais cette fois mon avis, pas plus que celui du vieux n'entrent en ligne de compte. Le vieux passe la main ; c'est le fameux Yann qui reprend l'affaire… A moins bien sûr que je ne recèle un vice caché ; et pour le savoir mon futur patron n'a d'autre alternative que de regarder sous mes jupes...</p><p>Le vieux et lui se sont mis d'accord ; le mieux est de me sortir de l'eau chez Yvan à Taravao, notre port d'attache provisoire ( " bercail "  que je vous ai récemment décrit ).</p><p>Yvan et ses deux hommes de main ferment le chantier pour les fêtes le 17 à midi, mais il est d'accord pour me sortir le 16 au matin. Yann a donc déjà pris rendez-vous avec l'expert mon cul pour le 16 à huit heures du matin...</p><p>On est déjà le 8 au soir et on a 730 milles devant nous ; faites le calcul vous-même. Si on ne veut pas avoir le feu aux fesses, il faut partir demain... Midi au plus tard. Que l'alizé soit chagrin n'est qu'une raison de plus de ne pas traîner.</p><p>On serait même partis à l'aube le vieux et moi, mais voilà, le matelot est parti dormir avec les deux blondes sur le cata qu'elles squattent un peu plus haut dans la baie... C'est pas le vieux qui va s'en formaliser, ça lui rappelle sa jeunesse, l'incite à l'indulgence !</p><p>Bref, à 11 heures l'ancre est à bord, mais aussi du pain frais du matin et une queue de tazar achetée à la criée au cas où la pêche serait maigre en ce premier jour de traversée. Bon an, mal an, on fait donc route au SW dans un alizé flemmard avec le moteur au vent à bas régime.</p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/port-nuku-iva--Small-.jpeg" class="kg-image" alt="Épisode 72 : L'escale de tous les dangers"><figcaption>Le quai des pêcheurs et la criée de Taioahe / Nuku Hiva</figcaption></figure><p>Géraldine préfère se tourner vers l'arrière et regarder Nuku Hiva s'éloigner que vers l'avant et les six jours de mer qui nous attendent...</p><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/dpt-nuku-iva--2---Small-.jpeg" width="643" height="480" alt="Épisode 72 : L'escale de tous les dangers"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/dpt-nuku-iva-2--2---Small-.jpeg" width="731" height="480" alt="Épisode 72 : L'escale de tous les dangers"></div></div><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/dpt-nuku-iva-3--2---Small-.jpeg" width="835" height="480" alt="Épisode 72 : L'escale de tous les dangers"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/dpt-nuku-iva-4--2---Small-.jpeg" width="780" height="480" alt="Épisode 72 : L'escale de tous les dangers"></div></div></div><figcaption>départ Nuku Iva</figcaption></figure><p>C'est l'île de UA POU qui disparaitra la dernière sous l'horizon juste avant le coucher du soleil</p><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/dpt-ua-pu--2---Small-.jpeg" width="751" height="480" alt="Épisode 72 : L'escale de tous les dangers"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/dpt-ua-pu-2--Small-.jpeg" width="643" height="480" alt="Épisode 72 : L'escale de tous les dangers"></div></div></div><figcaption>Ua Pu</figcaption></figure><p>La vie à bord dans l'alizé manque un peu de mordant, mais surveiller les lignes de grains devant comme derrière est une occupation comme une autre et chacun s'adonne par ailleurs à ses manies favorites sans soucis du temps qui file, puisqu'autant demain ressemblera à aujourd'hui autant qu'à hier...</p><p>C'est justement dans ces cas là que le patron est quelquefois pris de lubies aventureuses ; histoire de pimenter l'affaire, corser le défi, prenez le comme vous voudrez. Et comme chacun évolue parallèlement dans un brouillard douillet, personne ne réagit vraiment... C'est comme ça qu'on se trouve embarqués de temps à autres dans des histoires loufoques, genre celle de " la crique maudite ", si vous vous rappelez.</p><p>Cette fois, ma route passe tout près de Manihi, l'atoll le plus septentrional de l'archipel des Tuamotu. On l'aura en point de mire demain à l'aube.</p><p>Alors là, écoutez bien... Je vous laisse juge : l'agenda est arrêté depuis le 8 au soir. On doit entrer à port Phaeton ( Taravao ) le 15 au soir pour récupérer d'une bonne nuit franche au mouillage et se mettre à quai au chantier pour sept heures du matin le lendemain. Ce soir, 12 décembre, on est gentiment dans les temps ; j'ai déjà fait largement la moitié du chemin. On a même une douzaine d'heures d'avance... Chacun vaque donc, l'esprit serein ; Étienne en symbiose avec son bidule, Géraldine passe de la recherche d'infos sur les dernières herbes médicinales récoltées aux Marquises à son cahier à dessin, de mon coté, gagné par la torpeur communicative propre à la descente des alizés, je me déhanche sans hâte sur la longue houle de nord-est... Et voilà qu'au beau milieu de la nuit, mon capitaine décrète " qu'au train où ça va (entendez : avec un moteur à mi-régime depuis le départ), c'est plus prudent de compléter notre réserve de gasoil. "</p><p>Il est malin le vieux singe. Il sait bien que personne ne va contester une décision dictée par notre sécurité commune... Il joue sur du velours ! À mi-régime, depuis le départ, on n'y a jamais été... Le vieux a réglé " Paulo ", mon moteur bâbord sur 1200tr/mn, autant dire quasiment au ralenti... À ce régime là " Paulo " consomme à peine deux litres à l'heure.... J'ai quasiment de quoi faire l'aller-retour ! Je suis quand même pas si mal placé que ça pour le savoir aussi bien que le vieux !</p><p>Non, une pure lubie ! L'envie de jeter un œil puisque le hasard nous fait passer devant...  Tous les deux on connait déjà tous les atolls alentour (Ahé, Apataki, Tikehau, Rangiroa) mais pas celui-là. Du coup, ça l'a pris au beau milieu de la nuit et il va plus en démordre, je le connais. Y'a guère que Géraldine qui pourrait le dissuader en s'y prenant par la bande. Mais faudrait qu'elle ait une bonne carte en main... Et là nib ! il a préparé son coup le vieux roublard... S'il prend à Géraldine ou au matelot l'idée de jeter un œil dans le " carnet d'escale en Polynésie ", ils trouveront bien qu'il y a une station de carburant à Paeua, le village de Manihi... Et que c'est la seule du coin , hormis celle de Rangiroa bien sûr, mais qui est plus dans l'Est et surtout qu'on connait déjà par cœur...</p><p>Des cartes, moi j'en ai ! une pleine main même ! La passe cale moins de 2,5m, elle est impraticable par fort vent d'Est (ce qui n'est pas le cas mais quand même !), tout aussi impraticable à marée descendante ( et là je dois reconnaitre qu'il a pris la peine d'interroger son routeur et qu'il a déjà la réponse puisqu'en métropole ils sont déjà en fin de matinée), pas de mouillage tranquille mais juste deux coffres gérés par la mairie devant le village, dont l'état et même la présence effective restent aléatoires comme on l'a déjà constaté plusieurs fois dans le coin... Bref, largement de quoi emporter la décision devant un tribunal impartial...</p><p>Sauf que mes cartes maîtresses, je ne les découvre que quand je vois que mon capitaine hésite, qu'il attend clairement un élément supplémentaire pour se décider... C'est là que je sors un gros atout de ma manche, et généralement ça fait mouche. S'il est déjà décidé pas la peine d'user ta salive, il changera plus d'avis... pire cabochard, tu trouveras pas sur le marché !</p><p>C'est comme ça qu'on se retrouve le 13 au matin devant la passe de Manihi à mi-marée montante, les deux moteurs au ralenti, gentiment poussé vers le lagon par le courant. Au début la passe est large et relativement profonde ; le seuil est à l'entrée du lagon... 4 mètres... 3 mètres... On approche... Tout le monde serre les fesses, moi le premier... 2 mètres soixante... point mort sur les deux bourrins... Il n'y a plus que le courant pour nous faire basculer en douceur dans le lagon... Deux mètres trente.... Le temps s'arrête... 2 mètres trente toujours... Et brusquement six mètres !  OUF ! on est passé. Le patron me fait serrer le quai de la goélette ; là au moins on est sûr qu'il y a de l'eau... mais pas question de se mettre là, même pour une heure où deux sans autorisation préalable. Ce serait la meilleure façon d'être mal reçu par les locaux. Il faut d'abord trouver un mouillage correct pour aller discuter le bout de gras avec nos hôtes dans de bonnes conditions.</p><p>Pas le moindre voilier au mouillage à l'horizon. Pas de coffre non plus... Il sont peut-être plus loin ?</p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/lagon-Manihi--2---Small-.jpg" class="kg-image" alt="Épisode 72 : L'escale de tous les dangers"><figcaption>Lagon de Manihi</figcaption></figure><p>On longe donc le platier à distance raisonnable vers le village. À soixante mètres dudit platier, il y a déjà 30 m de fond. Ça n'augure rien de bon côté mouillage... Il faut qu'on trouve ces foutus coffres ! Mon équipage scrute, mais nib ! </p><p>En dépassant le village, on croise l'entrée du bassin où s'abritent les pêcheurs locaux... 15 mètres de large entre deux grosses patates à fleur d'eau.</p><p>l'intérieur du bassin est d'un magnifique vert émeraude uniforme, ce qui laisse présager un fond de sable d'au moins deux mètres. On continue donc à longer le village. Les habitations commencent à s'espacer, on pousse néanmoins jusqu'à un petit motu qui fait saillie... les coffres promis par le guide sont peut-être là, abrités du clapot par cette chaussée de corail ? mais non, point de coffre là non plus...</p><p>Mon Capitaine m'engage dans un demi-tour rageur sans prévenir, retourne devant le village et m'engage sans plus hésiter entre les deux grosses patates décrites plus haut. L'équipage se rebiffe illico mais peine perdue, on est déjà à l'intérieur du bassin... J'ai un bon mètre d'eau sous mes quillons et de mon coté, je me fais pas trop de bile ; si le patron m'a engagé dans ce chas d'aiguille à cette vitesse là, c'est qu'il n´est pas plus inquiet que ça ! Et moi, le seul truc qui m'inquiète vraiment, c'est quand le patron est inquiet... Bien sûr quand ça arrive, il parvient à le cacher aux autres, mais moi, il me la fait pas ! Ça fait trop longtemps qu'on en ramasse ensemble, je connais tous ses tics...</p><p>Bref, me voilà immobilisé au milieu de ce petit bassin  d'une cinquantaine de mètres de large pour cent de long. Une douzaine de petits bateaux de pêche sont rangés côte à côte, étraves face au quai, l'arrière rappelé sur autant de mouillages parallèles. Avec la meilleure volonté du monde je n'ai pas la place de mouiller ici, même en me faisant tout petit...</p><p>Quelqu'un court le long du quai en agitant les bras. De grands signes qui nous sont manifestement destinés... C'est une femme, elle court vite et porte l'uniforme.</p><p>Dés que le patron a compris  qu'on n'avait décidément pas la place pour mouiller ma pioche là, il a commencé à éviter sur place en inversant mes moteurs. J'ai donc déjà le nez pointé sur la sortie et il m'approche maintenant en douceur de la série de coffres qui retiennent les pêchoux sur l'arrière pour arriver à portée de voix du sémaphore ambulant.</p><p>De plus prés on reconnaît sans peine l'uniforme de la police municipale. Le message se fait plus clair... Il faut dégager de là vite fait et aller prendre un coffre "LÀ-BAS , PRES DU MOTU "</p><p>dégager vite fait, ma petite dame, c'est en cours pas de soucis ! Les coffres près du motu est déjà allés voir : y'en a pas !  Mais c'est pas ce qu'on lui dit... On lui dit comme il se doit : oui, Madame l'agent, en se disant in petto qu'on trouvera bien le moyen de s'adapter à la situation une fois sortis de là...</p><p>Une fois dehors je serre à nouveau le platier le long du village, mais rien à faire, pas de fond de moins de vingt mètres dans les parages... Pas la peine de pousser jusqu'au fameux motu comme on l'a fait tout à l'heure, le platier est hérissé de patates interdisant l'approche en annexe...</p><p>A force de sonder les parages le patron finit par me dégoter un fond de quinze mètres, beaucoup trop près des rochers à mon goût et évidemment sur un champ de patates dont il faudra bien s'extirper ensuite, mais est-ce qu'on a vraiment le choix ?</p><p>Me voilà donc à danser à moins de trente mètres des rochers - car évidemment un thermique s'est levé entretemps pour corser l'affaire - sur un clapot court à souhait au bout de mes soixante mètres de chaîne probablement coincés sous une grosse patate. Tout ça sur une simple lubie de mon testard de patron . Laissez moi vous dire que je la trouve passablement saumâtre, la petite plaisanterie...</p><p>Enfin, la vie à deux c'est comme ça... Et c'est pour tout le monde, non ? Des moment comme ça où chacun renâcle en sourdine de son côté en imaginant la revanche saignante qu'il ne manquera pas d'assener à son partenaire à la première occase... Et puis ça se tasse...Le plus souvent en tous cas !</p><p>Bon , c'est Géraldine qui reste à bord. Elle a été longuement briffée par mon capitaine. Les deux moteurs ronronnent au ralenti, elle n'a qu'une seule consigne : embrayer l'un ou l'autre, voire les deux mais toujours au ralenti pour me tenir écarté des rochers, si quoi que se soit d'imprévu survient.... Et ce jusqu'à ce qu'on revienne !!!</p><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/geraldine---Manihi--2---Small-.jpg" width="480" height="541" alt="Épisode 72 : L'escale de tous les dangers"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/geraldine---Manihi-2--2---Small-.jpg" width="480" height="539" alt="Épisode 72 : L'escale de tous les dangers"></div></div></div><figcaption>Dame Géraldine et moi à Manihi, seuls aux prises avec les consignes stressantes du patron</figcaption></figure><p> Vous parlez si ça met tout le monde à l'aise ce genre de consigne fumeuse ! Ah le vieux , quand il s'y met, vraiment faux être sacrément zen pour pas l'envoyer balader, lui et ses lubies d'allumé !!!</p><p>Les voilà partis tous les deux avec l'annexe, patron et matelot, avec leurs  bidons vides et leurs mines enfarinées. l'entrée du bassin des pêchoux n'est pas si loin ; d'ailleurs le petit hors-bord tourne bien maintenant. Le patron a bien été obligé de le réparer correctement après que mes trois lascars aient définitivement bousillé le petit moteur électrique. ( voir " la crique maudite ").</p><p>De retour, une grosse heure plus tard le matelot nous conte leur aventure....</p><p>Des Vahinés les ont accueillis sur le quai, costaudes comme à l'habitude, souriantes et détendues comme à l'habitude... La station d'essence ? ça leur disait rien ; mieux valait qu'on s'adresse à la mairie qui était juste là... Mes deux fiers à bras se sont du coup retrouvés devant la policière municipale musclée, dont le bureau était justement dans l'aile droite du petit bâtiment. "Est-ce qu'on avait trouvé les coffres ?"Mon capitaine avait grommelé un "mouais" plus qu'évasif avant de se voir demander mon acte de francisation et les passeports de mes passagers. Bien sûr les deux gaillards n'avaient ni l'un ni les autres dans les poches de leur vieux short déglingués, du fait que c'était bien la première fois depuis dix ou onze mois qu'on se ballade entre Tahiti et les Tuamotu qu'une demande aussi péremptoire nous était faite. Sans compter qu'étant provisoirement hollandais, d'acte de francisation, évidemment, je n'en ai pas... Mais l'heure n'était pas à de telles finasseries... Ils allaient lui apporter tout ça séance tenante mais voulait d'abord s'informer sur la station de carburant....</p><p>C'est là que la plaisanterie a tourné court.... La policière, après avoir vertement répondu à mon capitaine qu'on ne débarquait pas d'un "navire arrivant" les mains dans les poches et la clope au bec sans les documents afférents et les justificatifs d'identité des passagers - ce qui est, il est vrai, d'usage à peu près partout dans le monde sauf, manifestement, en Polynésie - ajouta que la station service était encore en construction...</p><p>Devant l'air ébahi de mon matelot et celui, tout aussi désolé de mon Capitaine, elle se radoucit aussitôt... Un petit stock permettait toutefois de dépanner les voiliers de passage. Il fallait formuler notre demande auprès du maire...</p><p>Les deux impétrant furent donc séance tenante présentés au maire, un courtaud épais et débonnaire qui leur souhaita chaleureusement la bienvenue sur sa commune depuis son fauteuil pivotant. Il fut question de deux ou trois bidons et l'affaire fut arrêtée à deux ( 40 litres ).</p><p>Les habitations, une vingtaine, sans grand charme étaient serrées les unes contre les autres au bord du lagon entre  le quai de la goélette et le bassin des pêchoux, mais ils fallait revenir à mon bord avec les bidons quérir les documents réclamés par l'autorité locale, avant de revenir visiter la boulangerie, le magasin général et, pourquoi pas, la petite église.</p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/quai-de-Manihi-3---2---Small-.jpg" class="kg-image" alt="Épisode 72 : L'escale de tous les dangers"><figcaption>quai des goélettes / Paeua / Manihi</figcaption></figure><p>De mon côté, pas de soucis, je n'avais pas bougé d'un pouce et Géraldine n'avait pas eu à toucher aux moteurs entretemps.</p><p>Vingt minutes plus tard, mon Capitaine et son matelot sont à nouveau de retour avec du pain pour deux jours et une belle provision de mangues et de papayes.</p><p>Midi approche, l'heure de la pleine mer aussi. C'est l'heure idéale pour ressortir du lagon... Plus qu'à lever l'ancre... Dont la chaîne est, comme prévue, engagée sous une patate ! C'est bien pour ça que je n'ai pas bougé d'un poil alors que le thermique a encore bien fraichi entretemps...</p><p>Résultat : une bonne demi heure de manœuvre en tous sens, une bonne giclée d'énervement collectif, quelques vieux coups de boutoir sur ma poutre avant et finalement un dégagement catastrophe cul au vent, en battant en arrière des deux hélices comme on se sort d'un fossé boueux en marche arrière et en faisant hurler l'embrayage au volant d'un vieux camion...</p><p>Chacun retrouve lentement son souffle en glissant dans la passe... Il nous reste deux jours de mer jusqu'à Tahiti.</p><p>Tout ça pour deux bidons de gasoil , un peu de pain et quelques fruits !</p><p>Il est comme ça Tonton... Tout juste si il ne rigole pas du bon tour qu'il nous a joué ! Et croyez-moi, il n'en est pas à son coup d'essai !!!</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Épisode 71 : Le forçat centenaire]]></title><description><![CDATA[port d'Atuona / Iva Hoa]]></description><link>https://captainphilip.fr/le-forcat-centenaire/</link><guid isPermaLink="false">61bc0d8f8bc52ad2ed66855e</guid><category><![CDATA[Climax by Climax]]></category><dc:creator><![CDATA[Philip ELLE]]></dc:creator><pubDate>Fri, 17 Dec 2021 04:13:17 GMT</pubDate><media:content url="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/port-hiva-hoa--Small-.jpeg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/port-hiva-hoa--Small-.jpeg" alt="Épisode 71 : Le forçat centenaire"><p></p><p><strong>C'est dans le couloir du dispensaire d'Iva Hoa que le patron a rencontré Justin....</strong></p><p><strong>Justin est né en 1919 à Saint Denis de la Réunion. Il connaît donc les usages mieux que le premier branleur venu... Les hasards du petit matin avaient fait assoir Justin et la relativement jeune personne qui l'accompagnait à côté de mon capitaine. Il était très tôt en effet, prise de sang oblige. A peine assis, Justin a posé à mon capitaine la question rituelle : " T'es là pour quoi ? " Rituelle en tous cas pour ceux qui n'ont pas su éviter la case prison... Comme mon capitaine, mais aussi comme Justin ...</strong></p><p><strong>Justin a en effet été condamné en 1967 à trente ans de travaux forcés pour actes de piraterie aggravé du meurtre du commandant Joshua Erwinn.</strong></p><p><strong>Le commandant Erwinn, autant que le navire piraté étaient américains. Pourtant la sentence a été prononcée par un juge français, celui de Nuku Hiva, la capitale de l'archipel des Marquises. Cette apparente anomalie tient au fait que la France a refusé l'extradition de son ressortissant pour diverses raisons...</strong></p><p><strong>la première étant que le cargo en question naviguait sous pavillon libérien, comme la plupart des " liberty ship " rachetés après la guerre par des armateurs texans et grecs ; ce qui compliquait singulièrement l'affaire du strict point de vue du droit maritime international. La seconde  était que ce navire transportait des armes dont ni la provenance ni la destination n'était clairement établies...</strong></p><p><strong>N'empêche, Justin avait bel et bien pris possession du navire dont il était bosco, fédéré l'équipage philippin en lui faisant miroiter les bénéfices conséquents à soutirer de l'opération et largement contribué  à la perte sèche mais nécessaire du commandant Joshua Erwinn. Il fut donc logiquement condamné par le tribunal français.</strong></p><p><strong>Depuis ses 18 ans Justin naviguait entre l'océan indien, la mer de Chine et celle  du Japon. Il avait donc en main, comme tout marin de commerce avisé, un réseau de contact propre à conduire  la panoplie de menus trafics aptes à arrondir sa solde ; pratique parfaitement admise du novice au commandant chez les marins au long cours. Il était en outre averti que le sud de la mer de Chine était le marché idéal pour revendre rapidement une cargaison d'armes. L'affaire fut conclue à Manille en avril 1965... cargaison vendue au plus offrant, navire prudemment abandonné sur un mouillage forain aux abords d'un site de démolition... Mais il y avait eu trop d'intervenants dans l'affaire, trop de monde dans la boucle, si vous préférez. Les services américains solidement installés dans la région n'eurent aucun mal à remonter la piste des complices philippins de Justin, puis à venir débusquer ce dernier dans la retraite qu'il s'était choisi, Nuku Hiva...</strong></p><p><strong>Mais bien sûr les amerloques n'avait pas autorité dans cet archipel français et c'est bien la gendarmerie nationale qui vint cueillir le pirate dans son repère.</strong></p><p><strong>L'arrêt définitif fut rendu deux ans plus tard à Taiohae, la capitale de l'archipel. Mais le lieu d'exécution de la peine de travaux forcés choisi par l'administration pénitentiaire fut Iva Hoa, une île du sud de l'archipel. Le bagne était au fond de la baie des </strong><b>traîtres à distance raisonnable du bourg qui abrite aujourd'hui le dispensaire.</b></p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2021/12/IMG_0216.jpeg" class="kg-image" alt="Épisode 71 : Le forçat centenaire"><figcaption>la baie des Traîtres</figcaption></figure><p><strong>L'endroit s'appelle Atuona. Côté forçats, ils n'étaient que deux, Justin et Taote ; côté mâtons, deux également. Le gardien chef et le chef de centre.</strong></p><p><strong>Taote était récidiviste et en tant que tel, il purgeait pour sa part une peine de quinze ans de travaux forcés. Il n'avait pris que trois ans pour inceste sur la personne de sa sœur qui prétendait de plus avoir été violée... Mais il avait remis ça dix sept ans plus tard sur la personne de sa fille cadette et cette fois le juge  avait eu la main lourde...</strong></p><p><strong>C'était en tous cas l'avis du chef maton et de son acolyte. La victime ayant moins de quinze ans, la qualification de viol avait été retenue par le juge, mais pas celle de viol avec violence puisque la fillette ne s'était plainte de rien de tel...</strong></p><p><strong>Bon, tout ça pour les deux fonctionnaires qui en avaient vu bien d'autres, c'était des histoires de "popas". L'inceste autant que le cannibalisme étaient après tout de vieux rites marquisiens, certes démodés, mais de là à infliger des peines aussi lourdes à des dizaines de milliers de kilomètres du cénacle où les "popas" avaient cru bon d'édicter leurs lois pour le reste du monde... Bon, après, le fait d'être fonctionnaires français à vie présentait pour ces braves exécutants suffisamment d'avantages pour qu'ils acceptent dans l'intervalle de considérer les choses du point de vue "très chrétien" qui sous-tendaient lesdites lois ! À leur sens ils se devaient néanmoins de traiter leur pensionnaire avec plus d'égards qu'ils n'en auraient dispensés à un vulgaire assassin ! Justin n'avait eu pour sa part aucun mal à les persuader que le meurtre du capitaine Joshua Erwinn était le fait de la meute de Philippins sanguinaires avec lesquels il avait été associé bien malgré lui. Les deux cadres de l'administration pénitentiaire française traitaient donc leur deux pensionnaires avec la même humanité teintée d'indulgence... Et l'humanité commençait par la pétanque quotidienne. c'est le lent glissement du soleil dernière le mont Temetiu, quasiment à heure fixe, qui déclenchait les hostilités...</strong></p><p><strong>"Locaux" contre "visiteurs" ou chassé croisé pour éviter d'associer deux pratiques avertis du terrain, encore que cet avantage initial finit par s'estomper au fil des années de pratique quotidienne.</strong></p><p><strong>La partie durait jusqu'au repas du soir qu'on finit par prendre en commun, puisqu'autant la cuisinière était commune. Elle s'appelait Hatia et n'était pour sa part pas fonctionnaire de l'administration pénitentiaire, mais simplement défrayée par le chef sur le budget de fonctionnement du centre.</strong></p><p><strong>Justin et Taote donnaient volontiers la main à Hatia dans ses tâches journalières et, de fil en aiguille, malgré leur différence d'âge significative, Hatia et Justin se plurent. A tel point qu'il fut bientôt question de mariage... Hatia était Sanito. Le curé du bourg n'eut donc pas à approcher son nez frileux de l'affaire... Le chef de centre se proposa comme témoin de sa cuisinière, le gardien chef assura la contrepartie et puisqu'il fallait un garçon d'honneur, ce fut Taote !</strong></p><p><strong>Taote qui par ailleurs approchait de la quille quand Justin en était encore à près de six ans. Le mariage avec Hatia impressionna sans doute favorablement le juge d'application des peines, puisque quelques mois seulement après le retour de Taote à la vie civile, Justin bénéficia  à son tour d'une remise de peine. Libération pour bonne conduite concernant un pirate avéré convaincu de crime de sang, c'était pittoresque. Mais pittoresque, l'archipel des Marquises l'est à plus d'un titre...</strong></p><p><strong>Les tout jeunes époux se retirèrent dans le village de Taipivai qui domine la baie du contrôleur dans l'est de l'île et dont Hatia était originaire et y vécurent heureux. Cela fait donc aujourd'hui presque trente ans.</strong></p><p><strong>C'était donc bien Hatia qui était au côté de Justin ce matin-là dans le couloir du dispensaire d'Hiva Hoa, et non sa fille comme se l'était d'abord imaginé le patron. Hatia ne parlait pas, elle veillait en attendant distraitement la réponse du patron à la question de son Justin...</strong></p><p><strong>- T'es là pour quoi ? venait donc de lancer ce dernier.</strong></p><p><strong>- bah... En fait c'est ma femme qui m'envoie, elle veut s'assurer que le moteur tourne rond !</strong></p><p><strong>- Tiens, tout comme moi ! avait rigolé Justin. Comme si l'on pouvait encore tomber malade à nos âges !</strong></p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Épisode 70 : La crique maudite]]></title><description><![CDATA[la crique maudite
]]></description><link>https://captainphilip.fr/la-crique-maudite/</link><guid isPermaLink="false">61ae7ed73f602bca1967c775</guid><category><![CDATA[Climax by Climax]]></category><dc:creator><![CDATA[Philip ELLE]]></dc:creator><pubDate>Mon, 06 Dec 2021 22:01:31 GMT</pubDate><media:content url="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/crique-maudite--Small-.jpeg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/crique-maudite--Small-.jpeg" alt="Épisode 70 : La crique maudite"><p></p><p>C'est avec deux grands paniers pleins que Géraldine et le patron quittent le cabanon de Ua Pou... salade verte, pamplemousses, mangues, citrons, tomates naines à gogo ! Il est déjà 10h30 du matin et aussitôt les deux paniers hissés à mon bord, mon capitaine démarre mes moteurs. Il faut lever l'ancre sans plus tarder si on veut arriver à Nuku Hiva avant la nuit.</p><p>Figurez-vous que nous y avons rendez-vous demain matin avec un certain Alex devant le Pearl Hôtel à Nuku Hiva...</p><p>Cet Alex n'est qu'un émissaire. Il est envoyé par un autre mystérieux inconnu prénommé Yann qui n'ambitionne rien de moins que de devenir mon nouveau patron. Vous pensez bien que je traîne les pieds... D'ailleurs les dieux semblent vouloir s'en mêler...</p><p>Voilà qu' à peine sortis de la crique où on a passé une si bonne nuit, je me trouve face à un vent frais de nord-est. Le patron a l'air de penser que c'est le vent d'est habituel qui tourne la pointe nord de l'île. Mais quelques milles plus loin, il faut bien se rendre à l'évidence... Les vingt nœuds de vent sont même de NNE et notre cap est plein nord. La mer est déjà bien agitée et Géraldine est déjà malade...</p><p>Hakahetau n'est encore qu'à deux milles sur l'arrière de mon travers. Mon capitaine n'hésite pas plus longtemps... demi-tour !</p><p>Me voilà donc mouillé derrière le promontoire rocheux qui ferme la baie d'Hakahetau au nord. Ça danse vilain, mais beaucoup moins que les deux monocoques qui fond carrément de la balançoire au fond de la baie !</p><p>Le plan du patron , c'est d'appareiller au milieu de la nuit quand le thermique sera derrière. On n'a que sept heures de route et le rendez-vous à Nuku Hiva est à neuf heures du matin. D'ailleurs ce rendez-vous, si ça ne tenait qu'à moi... Qu'on le loupe, et je ne m'en porterai que mieux ! Ne comptez donc pas trop sur moi pour y mettre du mien ...</p><p>Minuit. Ça s'est calmé. On lève l'ancre pour arriver comme prévu au petit matin.</p><p>On est à l'heure. Alex aussi. C'est un petit gars jovial et plutôt sympa.</p><p>Le voilà qui commence à m'auscultez de près.... C'est pas un bleu ; pas les éclats de peinture qui l'intéressent. Il reste un bon quart d'heure dans chaque moteur, descend inspecter les quilles avec un masque  et des palmes que lui prête le patron, pose tout un tas de question sur mes antécédents... Bref, je vous la fait courte, le soir même son pote Yann téléphone au patron pour dire "qu'il prend le bateau "...</p><p>Vous parlez d'une nouvelle ! Ça me rappelle la fois où j'ai cru que mon capitaine me laissait en plan, qu'il en avait sa claque et qu'il se barrait tout simplement... Rasé de près avec ses habits du dimanche et son petit sac à l'épaule ! C'était du temps d'Alfred à Bermaguy. C'est vrai qu'on en a fait du chemin depuis l'épisode Alfred ! On a même carrément traversé le Pacifique ; à nous deux en plus ! On a rencontré le roi Ti Nemo, démâté, remâté, foncé à dix nœuds vers le cap Horn avant que les dieux s'entremettent cette fois encore, nous faufilent entre deux cyclones vers les îles Australes. Peut-être que ça va tourner pareil, que mon capitaine va revenir en grognant : " Bon, y'en a marre cette fois, on file direct à Sydney trouver ce qu'il faut pour liquider ce salopard d'Alfred . "</p><p>C'est vrai que cette fois il y a Géraldine dans le tableau ! Et Géraldine elle pèse très lourd dans la foutue caboche d'entêté du vieux. Ceci dit, Géraldine, elle est définitivement de mon côté... Jamais vu personne faire régner l'ordre à mon bord de cette façon-là ! Tout est toujours briqué nickel ; côté rangement c'est carrément Noël toute l'année ; si elle trouve un truc détraqué hors de son rayon d'action, elle en fait aussitôt part à mon capitaine pour qu'il le répare fissa.  Non, je crois vous l'avoir déjà dit, moi, avec Géraldine à bord, j'ai plus qu'à mettre les pieds sous la table ! Seul bémol, tout ça c'est quand il fait beau, qu'on est au mouillage ou dans des eaux abritées... À la moindre de mes cabrioles, Géraldine se cale sur le banc de cockpit tribord et n'est plus bonne à nib ! Pas le pied marin comme on dit... Elle prend ça très stoïquement, ceci dit, mais mon capitaine voit bien que les 4 semaines au bon plein vers Panama, ça passera pas ! Alors faire demi-tour ? Oui, ça d'ici trois ou quatre mois ce sera possible. Enfin possible si le fameux Covid ne repart pas de plus belle et que nos amis australiens ne retardent pas d'autant la réouverture de leurs frontières maritimes qui sont pour l'instant bouclées à double tour ! Il a donc ses raisons mon capitaine, je dois bien en convenir. Alors bon, on a fait un sacré bout de chemin ensemble, voilà. On se quitte bons amis et la vie continue ! Elle est comme ça la vie... " À la vie, à la mort " c'est juste au ciné !</p><p>Après rien ne dit que Yann ait l'intention de me transformer en caravane, ce qui est quand même la hantise des gars dans mon genre... C'est paraît-il un champion de pêche au gros et du coup peut-être le début d'une nouvelle vie pour moi ?</p><p>Bon c'est loin d'être fait. Ça suit son cours comme on dit ! Un coursier de mon pédigrée, ça se vend pas à la sauvette... Pour l'heure on se remet de nos émotions au mouillage au fond de la baie de Taioha, la capitale de Nuku Hiva.</p><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2021/12/8F087A1C-D669-46C2-810A-602485F7117B.jpeg" width="2592" height="1936" alt="Épisode 70 : La crique maudite"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2021/12/19E47ACD-F0F2-4F26-8090-3A732145A41A.jpeg" width="2592" height="1936" alt="Épisode 70 : La crique maudite"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2021/12/A4FF6270-A3E3-4C5D-AF47-9995CB7BB469.jpeg" width="2592" height="1936" alt="Épisode 70 : La crique maudite"></div></div></div></figure><p>Mon équipage a adopté un rythme de croisière ; si on peut dire puisque j'ai bougé d'un malheureux quart de mille en une semaine. Juste histoire de me rapprocher du quai des annexes. </p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2021/12/09EB5879-8753-485E-BB25-5FDCF70F3FF1.jpeg" class="kg-image" alt="Épisode 70 : La crique maudite"><figcaption>quai des pêcheurs - Taiohae</figcaption></figure><p>Ils se cantonnent à de petites ballades vespérales le long du front de mer, exceptionnellement jusqu'à une petite plage de galets, de poisson cru au lait de coco à la gargote du quai, de soirées poker avec deux petites blondes que le matelot a draguées sur le port. Bref rien de palpitant pour moi qui ne suis fan ni de cartes ni de blondes dans la fleur de l'âge...</p><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/gege-nuku-iva--Small-.jpeg" width="643" height="480" alt="Épisode 70 : La crique maudite"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/gege-nuku-iva-2--Small-.jpeg" width="643" height="480" alt="Épisode 70 : La crique maudite"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/gege-nuku-iva-3--Small-.jpeg" width="643" height="480" alt="Épisode 70 : La crique maudite"></div></div></div><figcaption>baie de Taiohae à Nuku Iva</figcaption></figure><p>Tant et plus qu'un beau soir, capitaine et matelot sont pris d'un accès de bougeotte. La patronne suit le mouvement sans  enthousiasme particulier et au matin me voilà parti pour une crique qui semble offrir un abri sûr quelques milles dans l'ouest.</p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2021/12/698D7D06-A4A3-45F1-AB6C-4B25DDB99F4C.jpeg" class="kg-image" alt="Épisode 70 : La crique maudite"><figcaption>en route vers la crique maudite</figcaption></figure><p>L'entrée est mystérieuse ; genre repère de pirates. On ne la découvre que le nez dessus, un peu comme la calanque de Bonifaccio dissimulée derrière sa haute falaise.</p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2021/12/BD87AC5B-6EF8-4EFB-9D22-44AB6CC08173.jpeg" class="kg-image" alt="Épisode 70 : La crique maudite"><figcaption>entrée masquée de la crique maudite</figcaption></figure><p>Un voilier y est déjà mouillé... Et quel voilier !!! Goélette noire de 100 pieds au bas mot.... Pont rutilant, gréement élancé, pavillon de la famille royale d'Angleterre...  On sort les canons ou on se fait inviter à la table de Lord Trucmuche ?</p><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2021/12/4682EDEB-66BA-4045-8006-403C50920DC8.jpeg" class="kg-image" alt="Épisode 70 : La crique maudite"></figure><p>Pour l'heure je me glisse derrière. La collègue doit tirer au minimum trois mètres cinquante ; j'ai donc largement la place pour éviter tout mon saoul entre la plage et elle. Malgré l'indentation étroite et profonde orientée au nord-est qui devrait offrir un excellent abri puisque le vent souffle de l'Est depuis des semaines et probablement pour l'éternité, le mouillage est houleux. En fait, on ne le sait pas encore, mais cette crique est maudite...</p><p>L'endroit s'appelle Hakaui et est repéré dans les guides comme point de départ d'une randonnée vers la plus mirifique cascade des Marquises qui en compte pourtant foison. Ce sera bien sûr pour demain, mon équipage en étant pour l'heure à sa partie de cartes post-dinatoire... Le jour suivant se lève donc sous les auspices d'une journée découverte. L'idéal serait bien sûr de gagner la belle plage qui borde le fond de la crique en annexe et de revenir ensuite à pied vers la crique voisine au fond de laquelle s'est construit le petit village  d'où part certainement le balisage de la randonnée vers la cascade. Curieusement l'autre crique n'offre pratiquement aucun abri contre la houle d'est. Le village s'est pourtant construit là et un haut promontoire sépare les deux indentations. La végétation qui le couvre est un maquis desséché apparemment impénétrable. Une auscultation minutieuse à la jumelle ne détecte pas le moindre sentier... Pas plus au pied de la paroi rocheuse qu'à flanc de coteau. Il va falloir armer notre annexe en conséquence et aller aborder l'autre plage par-dessus les rouleaux !</p><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/journal-gege-crique-maud--Small-.jpeg" class="kg-image" alt="Épisode 70 : La crique maudite"><figcaption>village d'Hahaui (journal de Géraldine)</figcaption></figure><p>Pourtant, de sentier, il y en a un... On sera bien obligé de le dénicher le surlendemain, lorsqu'il s'agira d'aller récupérer notre ancre abandonnée sur place et probablement ensablée... " À crique maudite, sentier caché ! " Nul besoin d'être grand clerc !</p><p>Revenons à la fameuse randonnée... C'est marée basse ; du coup l'atterrissage en annexe sur la plage ne se passe pas si mal. Une rivière creuse un large sillon dans le sable et mes trois randonneurs parviennent à y tirer leur esquif d'une vingtaine de mètres vers le haut de la plage. Bien sûr, je ne les vois pas faire, abrité comme je le suis derrière le promontoire dont on a déjà parlé, c'est le soir qu'ils me conteront le sortilège. La pente de la plage est très faible et la marée d'environ deux mètres montera largement plus haut que la petite plateforme où ils sont parvenus à tirer l'annexe. Mais mon capitaine le sait. En conséquence il a embarqué ma deuxième ancre de secours, un FOB  de 25 kg. il maille les dix mètres de chaine du grappin sur l'ancre fob, passe un bout de 12mm dans le dernier maillon et avec l'aide de son matelot ensable l'ancre à une trentaine de mètres des rochers les plus proches. Il bascule le petit moteur électrique à l'intérieur de l'annexe, cache le grappin démaillé sous une serpillère et  les voilà partis.</p><p>Première rencontre : Christine. C'est la harpie de la crique maudite. En authentique naufrageuse, elle cache sous un visage jovial de bas desseins vénaux. Elle fait miroiter aux trois nigauds un menu pharaonique au prix du casse-croute de base qui sera servi pile poil au retour de randonnée. Elle calcule elle-même l'heure de retour de l'équipe sans omettre de prendre en compte le boitillement de mon capitaine qui retardera forcément l'affaire...</p><p>Ce qu'elle omet de préciser c'est que :</p><ol><li>la plus haute cascade des Marquises est à sec depuis belle lurette et la vasque qui récupère les derniers filets d'eau propose une eau croupie et fort peu propice au bain rafraichissant qu'il est loisible à tout randonneur d'espérer après deux heures de montée...</li><li>Elle compte doubler le prix du généreux casse-croute en servant d'autorité des desserts et des jus.</li><li>Elle escompte de plus leur vendre quasiment de force quantité de fruits et de légumes pas murs au prix du marché de Papeete.</li><li>Elle passe pour l'instant sous silence la redevance de 10 euros par tête de pipe due à un certain Maurice dont le chemin de la cascade traverse les terres, mais qu'elle a l'habitude de percevoir pour le compte de ce dernier...</li></ol><p>Mes compères sont d'excellente humeur et cette première rencontre ne les décourage en rien. Le chemin traverse d'abord des vergers, puis rejoint une voie royale joliment empierrée et ombragée, bordée de nombreux Pae-pae et de profondes tombes en pierre sèche, puisque la fameuse cascade était, à l'époque où elle coulait encore, un lieu où se pratiquaient les rites ancestraux.</p><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/prom-nuku-iva-6--Small-.jpeg" width="2000" height="1494" alt="Épisode 70 : La crique maudite"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/prom-nuku-iva--Mobile--1.jpeg" width="428" height="320" alt="Épisode 70 : La crique maudite"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/prom-nuku-iva-2--Mobile---2-.jpeg" width="428" height="320" alt="Épisode 70 : La crique maudite"></div></div><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/prom-nuku-iva-3--Mobile-.jpeg" width="428" height="320" alt="Épisode 70 : La crique maudite"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/prom-nuku-iva-5--Mobile-.jpeg" width="428" height="320" alt="Épisode 70 : La crique maudite"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/prom-nuku-iva-4--Mobile---2-.jpeg" width="329" height="199" alt="Épisode 70 : La crique maudite"></div></div></div></figure><p>Le genou de mon capitaine n'ira pas tout à fait jusqu'au bout, mais l'endroit qu'il choisira pour attendre ses acolytes au milieu des banians aux racines emmêlées dans les parois des tombes ouvertes et des Pae-Pae est à tel point enchanteur qu'il ne soupçonnera même pas les essaims de nonos ( petits moustiques féroces) dont la forêt est peuplée mais auxquels son  vieux cuir est parfaitement hermétique.</p><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/prom-casc-nuku-iva--Mobile-.jpeg" width="428" height="320" alt="Épisode 70 : La crique maudite"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/prom-cascade-Nuku-iva-2--Mobile--1.jpeg" width="428" height="320" alt="Épisode 70 : La crique maudite"></div></div></div></figure><p>C'est les deux autres qui à leur retour, en sus du rapport sur la vasque d'eau croupie et la cascade asséchée, lui apprendront la nouvelle...</p><p>Des déconvenues somme toute minimes jusque-là, en regard de la très belle balade le long de ce chemin royal. Une descente certes un peu douloureuse pour mon capitaine particulièrement dans les passages à gué, mais rien de comparable avec la nouvelle qui l'attend à la gargote...</p><p>Un enfant a retrouvé l'annexe retournée dans les rochers, moteur fracassé...</p><p>Aussi vite que sa jambe raide le lui permet, mon capitaine se précipite sur les lieux du naufrage... Fracassée, c'est bien le mot . une pale de l'hélice a pété net ; l'arbre a été arraché du carter... la coque à moins souffert ; le fameux Maurice a dû intervenir à temps. Il l'a remise à l'eau, l'a tirée de l'autre côté de la plage, puis hissée hors de l'eau. Pas de dommage majeur ; l'étrave est un peu plus ébréchée qu'avant , il y a un pet à l'intérieur du tableau arrière ; elle s'est donc bien retournée... Pas trace de l'ancre, ni de la chaine. Par contre le bout est là... Entier, ni cisaillé, ni effiloché... un nœud de chaise qui saute, de mémoire de marin, ça ne s'est jamais vu ! Un sortilège alors ? Les trois avirons sont toujours là ; ça c'est moins étrange, peut-être flottaient-ils autour de l'annexe quand Maurice l'a récupérée ?</p><p>Pour l'heure, c'est marée haute. Maurice a calé la quille sur des galets plats. Pas d'autres soucis pour l'instant donc. Retour à la gargote. Le casse-croute n'est pas franchement gai, on s'en doute... pas très bon non plus, mais c'est le dernier des soucis de mon capitaine. Il ne sourcille même pas  pour la "taxe de passage" de trente euros qu'il remet du coup directement à Maurice. Lequel Maurice nous a quand même sauvé l'annexe du naufrage pur et simple...</p><p>De mon côté la journée a été très calme... Trop calme. Rien n'a bougé sur le pont éclatant de ma majestueuse voisine. Sa luxueuse annexe est restée immobile  contre son bord. Aucun mouvement non plus au pied des mâts ou le long des passavants. Un peu comme si on attendait là-bas que je mette les voiles pour reprendre une activité interrompue hier après-midi par mon arrivée intempestive  et les regards forcément curieux de mon équipage... Activité que je ne peux du coup m'empêcher d'imaginer au minimum illicite...</p><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/yacht-nuku-iva-2--Small-.jpeg" class="kg-image" alt="Épisode 70 : La crique maudite"></figure><p>Remettre une annexe à l'eau face aux lames qui déferlent, ce n'est pas du gâteau, croyez-moi ! mais mes gaillards s'en sont sortis et ont ramé ensuite jusqu'à mes jupes.</p><p>Le lendemain matin, ils sont allés jusqu'à la plage au fond de la baie et ont fini par trouver un sentier qui menait au village à travers la broussaille.</p><p>Sur place, c'est Géraldine qui a retrouvé l'ancre dont seul l'organeau dépassait encore du sable. La chaîne était intacte, le mystère entier...</p><p>Une petite vedette qui venait de déposer à la diable quelques touristes au milieu des rouleaux, s'apprêtait à remettre ses moteurs pour repartir aussitôt et mon capitaine oubliant sa jambe raide a couru jusqu'à elle pour demander à son pilote d'embarquer notre ancre et de nous déposer à mon bord.</p><p>A peine remonté dans mon cockpit, mon capitaine a démarré mes deux moteurs... Pas question de rester une heure de plus dans la crique maudite !</p><p>Le vieux est passé à portée d'escopette de notre silencieuse et un rien mystérieuse voisine pour prendre quelques photos et, mine de rien, tenter de percer quelques bribes de ses secrets... Il y avait un type debout sur le pont cette fois, tout en blanc; smoking peut-être ? Il nous tournait le dos, l'attention comme entièrement captivée par le pied de sa misaine. Pas un signe, pas un geste, juste un autre mystère...</p><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="https://captainphilip.fr/content/images/2022/10/yacht-nuku-iva-3--Small-.jpeg" class="kg-image" alt="Épisode 70 : La crique maudite"></figure><p></p><p><strong><em>fin de l'épisode</em></strong></p>]]></content:encoded></item></channel></rss>