Au-delà, disais-je, laissons donc faire hasard, intuition et inspiration de chacun...






Est-ce qu'on va être foutu de monter vers les remparts dans ces conditions ?

Ah, j'oubliais ! j'ai une clenche "avant très lente " sur mon shutburn !! Bon allons-y !
"avant très lente , "chef" , stp"
Alors pour ceux que cette histoire de shutburn laisse perplexes : déjà, "shutburn" n'est nullement du "franglais" . C'est une très prestigieuse marque déposée d'instruments de navigation , anglaise de fait, qui s'est spécialisée au cours du XIX siècle dans la fabrication de transmetteurs mécaniques d'ordres entre la passerelle de commandement d'un navire et le chef mécanicien à la machine. Par parenthèse , il y a deux chefs sur un navire : l'un à la machine, l'autre en cuisine. Par ailleurs, l'équipage appelle le capitaine du navire "commandant ". et certainement pas "chef", ce qui ne créerait bien sûr que de la confusion ; le titre de " chef " étant exclusivement réservé aux deux personnages précités. Je parle là, bien sûr, des navires marchands, car chez les fayots , il doit y en avoir profusion de chefs, petits et grands !! et je n'en connais ni le détail, ni les foutus galons !!
Bref , quelques menus détails à l'intention plus particulières des quelques d'indécrottables terriens qui sont, par le plus grand hasard, tombés sur ces lignes...
Je répète donc, pour tout le monde, cette fois : " avant très lente, chef, stp" d'un ample geste du bras, puisqu'on ne parle pas ici de petits boutons-poussoirs merdiques, mais bien d'un de ces rutilants shutburn en cuivre massif, astiqués au "Miror" matin et soir par le matelot de quart... joyaux relégués depuis dans les vitrines des antiquaires de marine par la numérisation tous azimuts.
En fait , c'était à l'époque plutôt " Avant très lente chef , s'il vous plaît " tant jusqu'à très récemment, commandant et chef mécanicien se vouvoyait même en jouant au bridge !!
Bref, nous voici donc à humer la brise et souffler comme des phoques de marche en marche avec arrêts fréquents...




Et enfin nous y voilà !!


Gardien des passes d'entrée

Bon là, soyons honnêtes, nous avons besoin (mon chef mécanicien et moi, j'entends) d'une sérieuse pose... Il y a un petit jardin aménagé dans une encoignure du chemin de ronde, des bancs en chêne au soleil, le murmure égal, chantant et subtil de touristes nippons occupés à commenter la munificence du paysage... C'est parti pour une généreuse demie heure de sieste digestive...
Voilà, on a quelque peu débordé sur l'horaire... c'est sans conséquence... Il s'agit maintenant de retrouver le panneau bleu et l'escalier correspondant...

Ouf ! on est presqu'en bas !

Le solide attroupement qui se pressait au guichet parvient finalement à grimper entier dans le petit feriboite, car le couchant approche et c'est pour les maltais tout autant que pour les touristes, soit 5 mn dans cette embarcation bondée pour traverser la passe d'entrée des ports, soit 10 à 15 bornes du bus qui contourne la guirlande de ports dans les embouteillages...
une fois accosté à Sliema, c'est l'histoire de 5 mn de marche pour arriver tout au fond de port Sliema où l'on attrape le petit pont de pierre, seul accès à Manoal Island et qui n'enjambe que quelques centimètres d'eau verte parfaitement adaptés au ébats d'une bruyante famille de canards...

J'espère que je vais retrouver mon équipage en meilleure forme que celle où je l'ai laissé ce matin ... Et l'équipage c'est mon Alain, cabossé de partout, lui aussi...