Je ne vous propose donc ce matin qu'une balade à Malte. Une nouvelle fois je suis seul avec vous ; personne à mes côtés pour faire toute sorte des commentaires parasites ou me proposer d'aller par ici, plutôt que par là. Bref, c'est du brut, du strictement inspiré par les brises changeantes qui naissent sous mon capot...
Vous aurez certainement noté que j'ai parlé de Malte et non de La Valette et de ses imposantes fortifications...

En effet, La Valette est le nom de la citadelle croisée et du port fortifié que cette légendaire citadelle défend. Pour ce qui nous concerne ( "Virilus 2" et son équipage), nous sommes arrivés cette nuit de Grèce et nous nous sommes faufilés au fond de Port Slima avec mille précautions à l'aide du seul sondeur et de la lumière fantasmagorique d'un second quartier de lune,  afin d'y mouiller prudemment la pioche et de profiter enfin d'une paisible nuit franche très méritée après cette traversée express depuis Lefkas dans la brise portante.

bref, le soleil était déjà haut quand nous avons rouvert le capot de la descente...

Virilus dodelinait gentiment de la hanche tout au fond de port Slima face à un vaste chantier maritime installé sur l'île Manoel, aussi dite "du Lazaret" et reliée à l'île mère par un simple pont de pierre (un peu comme Ortigia, simple clin d'oeil aux heureux pratiques du port de Syracuse).

L'endroit semblait parfaitement désert. Circonstance totalement prévisible en cette aube de week-end chez un ancien membre du Commonwealth ; bref, propice à un accostage pirate jusqu'au lundi matin...

c'est ainsi que je pus mettre pied à terre en vue d'entamer cette balade avec vous, dont il est justement question depuis un moment déjà...

Nous voilà déjà sur ce petit pont qui, d'une part, relie l'île de Manoel au quartier de Slima, et de l'autre sépare le port de Slima de celui de " L'Azzarett", ci-dessous:

Je vois bien qu'il nous (vous et moi, j'entends) faudra des heures pour contourner tous ces ports avant de parvenir à la citadelle, mais sincèrement le temps s'y prête... Le ciel est dégagé, le soleil, déjà haut réchauffe le coeur sans brûler la peau ; une très légère brise porte jusqu'à nous les messages lointains des chevaliers... figurez-vous qu'il m'a fallu attendre ce matin, première escale au sud du 36ème parallèle depuis le départ de Bizerte fin Mars dans les bises du tenace hiver maghrébin, pour enfiler enfin un short de foutu touriste !!

Pas d'inquiétude toutefois, les pôles d'intérêt ne manquent pas au fil des quais ; aucun de ces ports ne se ressemblent. De Roland Marina au Royal Malta Yacht club, puis du port Psida, jusqu'à Pieta harbour, l'antique port de pêche au fond duquel a été jadis bâtie cette église au fronton éclaboussé de soleil qui, sans lui ressembler, semble pourtant bien remplir  les mêmes fonctions sacrées que "notreu bonneu mèreu" !!

Mais de la société des régates du vieux port de Marseille, revenons au Royal Malta Yacht club...

Avouez que ça ressemble à s'y tromper au quai de St-Trop au coeur de l'été, non ? une différence notable toutefois... pour s'amarrer cul à quai au Royal Malta Yacht club, il faut certes un gros barlu tape à l'oeil aux cuivres astiqués en permanence par un équipage démonstratif tiré à quatre épingles, tout comme en face de Sénéquier... mais il faut aussi impérativement le pavillon maltais !!!
Cela dit, ce cliché sans le moindre intérêt, je vous l'accorde volontiers, n'est ici destiné qu'à introduire le fait qu'on trouve aussi, au fil des quais, de très belle unités sous pavillon maltais...

de plus petite aussi, tout aussi pittoresques, fantasques et sans âges qu'aux Goudes, à l'Estaque, à la Canée ou au Pirée !!

Bon, , un très court détour dans l'avenir proche ( mais toujours incertain), pour que vous me suiviez plus aisément le long de ces côtes maltaises... Imaginons que nous soyons déjà parvenus a l'abri des remparts imprenables de la citadelle... imaginons juste... (même si c'est loin d'être le cas , puisque depuis "la piéta ", (petite, voire grande soeur  de la bonne mère), il nous faudra encore arrêter un bus municipal, tant la citadelle continuera à nous jouer le fameux tour des mirages (toujours aussi éloignée et toujours aussi haute !)

Donc voilà, maintenant, imaginez-vous à la barre de votre coursier, les jumelles en bandoulières, l'étrave pointée sur la citadelle... Vous y êtes ? Si vous arborez un pavillon ami, un tonnage respectable et des intentions commerciales claires, vous pouvez demander l'autorisation d'accéder au port de de La Valette, celui jadis gardé par les chevalier où les vaisseaux croisés faisaient escales de retour des croisades...
L'autorisation accordée, vous devrez laisser la citadelle sur tribord ; attention sarrasins qui tentez naïvement de réitérer le coup du cheval de Troie, vous risquez très gros !! navires de plaisance et autres amateurs, vous serez purement et simplement refoulés et redirigés vers les divers ports roturiers dont nous longeons les quais depuis ce matin. il vous faudra alors laisser la citadelle sur babord et enquiller la large passe que vous avez sous les yeux (ci-dessous, donc):

La passe franchie, vous voilà face à un premier choix.... face à l'île de fort Manoel dont on distingue parfaitement l'ancien Lazaret ci-dessous, vous pouvez accéder à port Sliema en laissant l'île sur bâbord, option que nous avons choisi  cette nuit en arrivant. En la laissant au contraire sur tribord, vous accéderez  aux autres ports...

Si vous avez choisi cette seconde option, il faudra serrer le Lazaret pour accéder à port  " l'Azzarett", marina Roland ou ( si vous remplissez les conditions et le standing requis, voir plus haut) le Royal Malta yacht club. respectivement à droite et à gauche sur la photo ci-dessous :

En serrant au contraire les contreforts de la citadelle, vous pourrez accéder  à port Psida et Pieta harbour, ci-dessous :

Tous deux dominés par  ces contreforts sur lesquels a été bâtie la Citadelle, côté roture, donc, si vous avez correctement suivi...

Ayant fait mon possible pour que nous dominions plus clairement la topographie assez complexe de cette grande rade, j'en reviens à nos moutons, à notre tranquille balade dont je n'ai encore décrit que ce que nous avions à main gauche, car à main droite, c'est tout autre chose...