Vous me retrouvez à cette heure, quelque peu essoufflé mais déterminé' sur les pentes escarpées qui grimpent à Périchoron, pour rappel, à la fois résidence du roi Ulysse et de ses nobles guerriers dont personne n'ignore la vaillance aux côtés d'Agamemnon et des autres nations alliées sous les remparts de Troie, ni la tempérance décisive et résolue à retenir l'impétuosité téméraire du jeune Achille pour une stratégie plus fine qui fera date dans les manuels d'histoire militaire.
On'pourrait attribuer les sortilèges qui perdurent en ces lieux mirifiques à quelque trait de licence poétique, dont Homère est, de fait, un maître incontesté... pourtant celui qui s'opère sous mes yeux tient à la fois de l'irréel et du patent... depuis le port, Perichoron est caché par le vert profond des collines,  tapi dans quelque mystérieux repli des majestueuses  lignes de crêtes... pourtant, comme je le disais à peine, de place en place, je distingue trés bien le port en contrebas.

De façon de plus en plus furtive, il est vrai,

Alors que surgissent au détour d'un lacet les premières maison du village...

Et quel village... pourtant si bien caché aux galères ennemis derrière cette crête !!

Le chemin n'en continue pas moins à grimper, en lacets cette fois, à travers les maisons... Ce n'est que parvenu tout en haut, appuyé à cette balustrade rouge qui domine le village,  qu'on retrouve enfin un angle de vue sur le port...

C'est justement là qu'est logée la taverne de Périchoron où l'on sert un ouzo bien frappé, agrémenté d'énormes olives brunes et d'odorants mezzedakia. C'est aussi là que finit l'illusion, puisqu'il ne s'agit, vous l'avez bien compris, nullement d'un sortilège, mais d'une sage précaution d'Ulysse qui, avant d'imaginer l'astucieuse stratégie du cheval de Troie, avait caché aux galères ennemies palais et garnison dans un repli propice de son île natale...

Il ne me reste  qu'à vous faite partager la magie d'un dernier rayon sur le port de Vaty, car nous lèverons l'ancre à l'aurore pour l'île de Lefkas...